Équateur : l’ambassadeur cubain Basilio Gutiérrez déclaré persona non grata à Quito

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Le gouvernement de l’Équateur a déclaré persona non grata l’ambassadeur de Cuba, Basilio Gutiérrez, ainsi que l’ensemble de sa mission diplomatique à Quito, selon un communiqué du ministère équatorien des Affaires étrangères publié mardi 3 mars 2026. Les diplomates cubains disposent de quarante-huit heures pour quitter le pays, tandis que Quito a également rappelé son ambassadeur à La Havane, José María Borja.

Aucune justification officielle n’a été fournie par les autorités équatoriennes pour expliquer cette décision, qui marque une nouvelle rupture diplomatique majeure sous la présidence de Daniel Noboa.

Un contexte diplomatique tendu

Cette décision intervient à quelques jours d’un sommet prévu le 7 mars à Miami, réunissant plusieurs dirigeants latino-américains proches du président américain Donald Trump. Parmi les participants annoncés figurent les dirigeants de l’Argentine, du Paraguay, de la Bolivie, du Salvador, de l’Équateur et du Honduras.

Selon plusieurs médias régionaux, les discussions devraient porter notamment sur l’influence croissante de la Chine en Amérique latine.

Pour La Havane, cette décision s’inscrit dans un climat de pressions internationales. Les autorités cubaines estiment qu’« il semble peu probable que ce soit un hasard si cette déclaration intervient dans un contexte marqué par l’intensification de l’agression américaine contre Cuba ».

La réaction ferme de Cuba

Dans un communiqué, le ministère cubain des Relations extérieures a dénoncé « une décision arbitraire et injustifiée » du gouvernement équatorien.

La Havane affirme également que le personnel de son ambassade à Quito « s’est strictement conformé aux lois et règlements de l’Équateur, sans s’ingérer dans les affaires intérieures du pays ».

Selon Cuba, cette mesure constitue « un acte hostile et sans précédent qui porte gravement atteinte aux relations historiques d’amitié et de coopération entre les deux nations ».

Ce que dit la Convention de Vienne

La décision équatorienne s’appuie sur les dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Selon ce texte international adopté en 1961, un État peut déclarer à tout moment un diplomate “persona non grata” sans avoir à motiver sa décision. Dans ce cas, l’État d’origine doit rappeler son représentant ou mettre fin à ses fonctions, faute de quoi il peut être expulsé.

Daniel Noboa, un président au positionnement assumé

Âgé de 38 ans, Daniel Noboa incarne une nouvelle génération de dirigeants issus du monde des affaires. Réélu en avril dernier, il s’est fait connaître pour sa ligne sécuritaire dure, notamment par le déploiement de militaires dans les rues et les prisons pour lutter contre la criminalité.

Sur la scène internationale, il a affiché à plusieurs reprises son soutien à la politique étrangère de Donald Trump, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire le 3 janvier dernier.

Les relations diplomatiques entre Quito et La Havane remontaient à 1960, une coopération désormais gravement fragilisée par cette crise.

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