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Malgré un contexte national marqué par l’insécurité généralisée, la précarité économique et une instabilité sociopolitique persistante, les examens officiels de la 9e année fondamentale se tiendront, une fois de plus, dans des conditions exceptionnelles. Du 30 juin au 3 juillet 2025, des milliers d’élèves haïtiens s’apprêtent à franchir une étape cruciale de leur parcours scolaire, entre espoir tenace et inquiétude omniprésente.
Depuis plusieurs années, les établissements scolaires du pays font face à une réalité difficile : fermetures imprévues, déplacements forcés, accès limité aux ressources pédagogiques. Dans certaines zones particulièrement affectées par les affrontements entre gangs armés ou par des blocages de routes, le calendrier scolaire a été fortement perturbé. Pourtant, malgré ces nombreux obstacles, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) maintient l’organisation des examens, affirmant la nécessité de préserver la continuité de l’apprentissage et la valeur des évaluations nationales.
Des mesures spéciales ont été annoncées pour sécuriser les centres d’examen, notamment dans les zones à haut risque. La Police Nationale d’Haïti (PNH), appuyée par certaines brigades locales, assure une présence renforcée afin d’éviter tout incident durant les épreuves.
Cependant, du côté des familles résidants dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’angoisse demeure. Parents et élèves témoignent d’un climat de tension : certains craignent de ne pas pouvoir atteindre les centres d’examen, d’autres dénoncent un manque de préparation lié à une année scolaire morcelée et instable.
À ces difficultés matérielles s’ajoute une pression psychologique importante. Dans un contexte où la peur est quotidienne, la concentration devient un luxe. Psychologues et éducateurs alertent sur les conséquences à long terme sur la santé mentale et les performances scolaires des élèves.
Plus inquiétant encore, de nombreux adolescents ont été contraints de fuir leur domicile avec leur famille, trouvant refuge dans des abris de fortune ou chez des proches. Traumatisés par la violence des groupes armés, plusieurs d’entre eux disent avoir du mal à se concentrer ou à retrouver un semblant de normalité.
Et pourtant, au cœur de ce chaos, une résilience admirable se manifeste. « Je veux réussir, coûte que coûte », confie James, 15 ans, élève au Lycée Anacaona de Léogâne, déterminé à décrocher son diplôme malgré les circonstances.
En dépit de toutes les turbulences, les élèves haïtiens, d’un bout à l’autre du pays, ont en commun ce moment singulier : celui où, malgré les incertitudes, ils ont pris leur stylo pour affronter les examens un acte de courage, un symbole de résistance, et un témoignage silencieux de leur soif de savoir.
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