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À l’occasion de la Journée internationale des enfants des rues ce samedi 12 avril, un regard alarmant sur la situation de milliers d’enfants livrés à eux-mêmes en Haïti, devenus à la fois victimes et instruments de la violence armée.
Dans les rues de la capitale haïtienne et dans d’autres villes du pays, des milliers d’enfants vivent dans des conditions de misère extrême. Ils dorment à même le sol, mendient, laver les pare-brises, fouillent les ordures et errent sans destination.
Appelés les “Kokorat”, des enfants abandonnés par un système qui n’a jamais pris en compte leur existence.
Mais aujourd’hui, au-delà de la souffrance humaine, leur situation soulève une inquiétude nationale : les gangs armés les recrutent massivement, les utilisant comme guetteurs, voire comme soldats. En ce 12 avril 2025, Journée internationale des enfants des rues, le constat est sombre et urgent.
Une enfance effacée
Ces enfants n’ont ni foyer stable, ni école, ni soins. La majorité d’entre eux provient de familles vulnérables, déplacées à cause de l’insécurité, ou décimées par la violence. « Ils sont privés de tout espace de socialisation : la famille, l’école, la communauté. Ce sont des enfants que les autorités ont volontairement ignorés », dénonce Irdèle Lubin, travailleuse sociale et professeure à l’Université d’État d’Haïti.
Ils errent dans les rues non par choix, mais parce que la misère et l’insécurité les y ont poussés. Et dans ces rues, ce ne sont plus les services sociaux qui les trouvent, mais les groupes armés.
De victimes à instruments de guerre
Les gangs profitent de leur vulnérabilité. Ils leur offrent un semblant de protection, une appartenance, voire un statut. Rapidement, ces enfants sont intégrés dans les rouages de la criminalité : surveillance des quartiers, port d’armes, exécutions, trafic.
Une génération sacrifiée
Sans intervention, Haïti risque de voir émerger une génération entière formée à la violence, sans accès à l’éducation, sans soins psychologiques, sans avenir. Ce n’est pas seulement une urgence humanitaire : c’est une bombe sociale à retardement.
« Le sort de ces enfants n’est pas une fatalité. C’est une responsabilité collective. Nous devons les voir, les écouter, et surtout, les protéger », insiste Lubin.
Il est encore temps d’agir
Des politiques de réinsertion sociale, des centres d’accueil adaptés, des campagnes de sensibilisation, un système éducatif inclusif : les solutions existent, mais elles exigent une volonté politique ferme et une coordination entre l’État, et la société civile. Une responsabilité que nul ne peut fuir.
Les enfants des rues ne sont pas de simples figures de misère que l’on croise sans s’arrêter. Ils sont le reflet d’un échec collectif, celui d’un État absent, d’une société résignée, et d’un avenir qui s’efface à mesure que la violence progresse.
En cette Journée internationale des enfants des rues, l’indifférence n’est plus une option. Il est urgent de mettre en place des actions concrètes pour les protéger, les éduquer, et leur redonner une place dans la société. Car chaque enfant sauvé de la rue, c’est une vie reconstruite, et peut-être, un pas vers la reconstruction d’Haïti elle-même.
Par: Lominy EDMON
Journaliste rédacteur, avocat au barreau de Petit-goâve, Psycho-énergéticien.
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