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Portée par un discours sécuritaire et la promesse de continuité avec le pouvoir sortant, la candidate conservatrice Laura Fernández a remporté l’élection présidentielle costaricienne dès le premier tour, le dimanche 1er février 2026. Une victoire qui s’inscrit dans la dynamique régionale d’un virage marqué vers la droite en Amérique latine.
Un nouveau jalon dans la droitisation politique de l’Amérique latine
Depuis plusieurs années, l’Amérique latine connaît une montée en puissance de dirigeants conservateurs. L’élection de Laura Fernández au Costa Rica s’ajoute à une liste déjà fournie, comprenant notamment l’Argentin Javier Milei, le Salvadorien Nayib Bukele ou encore le Chilien José Antonio Kast, élu en décembre 2025.
Dans ce contexte, la gauche régionale apparaît en net recul, tandis que les droites sécuritaires gagnent du terrain.
Laura Fernández, une héritière politique assumée
Candidate du Parti du peuple souverain, issu d’une scission du Parti Progrès social démocratique (centre droit) actuellement au pouvoir, Laura Fernández devient la deuxième femme présidente du Costa Rica, seize ans après Laura Chinchilla Miranda. Âgée de 39 ans, fille d’un agriculteur et d’une enseignante, elle est politologue, spécialiste des politiques publiques, et revendique un positionnement libéral sur le plan économique et conservateur sur le plan social.
Ancienne ministre à deux reprises sous la présidence de Rodrigo Chaves, dont elle est proche, elle se présente comme la « candidate de la continuité ».
Une victoire nette dès le premier tour
Selon les résultats partiels du Tribunal suprême des élections (TSE), portant sur 94 % des bulletins dépouillés, Laura Fernández a obtenu 48,3 % des suffrages, soit environ huit points au-dessus du seuil requis pour éviter un second tour.
Son principal rival, l’économiste de centre droit Álvaro Ramos, a reconnu sa défaite après avoir recueilli près de 33 % des voix.
Près de 3,7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire à la fois le président et les 57 députés de l’Assemblée législative pour un mandat de quatre ans.
Sécurité : un programme inspiré du modèle Bukele
La lutte contre la criminalité a été au cœur de la campagne de Laura Fernández. Dans un pays confronté à une hausse alarmante de la violence — le taux d’homicides ayant atteint 17 pour 100 000 habitants sous l’administration Chaves — la candidate a promis une réponse ferme.
Elle propose notamment :
la construction d’une mégaprison, inspirée de celle mise en place au Salvador ; un durcissement des peines ; l’instauration de l’état d’urgence dans les zones les plus touchées par la violence.
Des mesures saluées par une partie de l’électorat, mais vivement critiquées par l’opposition.
Des craintes d’autoritarisme et de révision constitutionnelle
L’opposition et plusieurs figures politiques redoutent une dérive autoritaire. L’ancien président Óscar Arias, prix Nobel de la paix en 1987, a mis en garde contre toute tentative de réforme constitutionnelle visant à permettre un retour de Rodrigo Chaves au pouvoir, actuellement interdit par la loi.
« La première chose que font les dictateurs, c’est réformer la Constitution pour se maintenir au pouvoir », a-t-il déclaré. Une accusation rejetée par le président sortant.
Selon les projections parlementaires, Laura Fernández ne disposerait que d’une trentaine de députés, insuffisante pour modifier la Constitution.
Une présidente élue sur la ligne de la continuité
Lors d’un discours prononcé dimanche soir à San José, Laura Fernández a assuré que « personne ne veut de l’arbitraire ni de l’autoritarisme au Costa Rica », promettant de préserver la démocratie.
Elle s’est toutefois montrée critique envers la presse, dans la lignée de son mentor Rodrigo Chaves, figure populaire mais clivante, souvent en conflit avec les institutions.
Défis économiques et sociaux
Si la pauvreté est passée de 18 % en 2024 à 15,2 % en 2025, le Costa Rica demeure l’un des pays les plus inégalitaires de la région. Selon l’indice de Gini, il figure parmi les six pays les plus inégalitaires d’Amérique latine et reste le deuxième pays le plus cher, derrière l’Uruguay.
Portée par un électorat en quête de sécurité et de stabilité économique, Laura Fernández promet désormais un changement « profond et irréversible ».
ÉFÉRENCES
https://www.lemonde.fr › Au Costa Rica, la candidate de droite Laura Fernandez remporte la présidentielle haut la main/consulté le mercredi 4 février 2026.
https://www.lesechos.fr › Costa Rica : la candidate de droite remporte la présidentielle dès le premier tour/consulté le mercredi 4 février 2026.
https://www.rtbf.be › Progression des droites sécuritaires en Amérique centrale : au Costa Rica, Laura Fernández remporte la présidentielle haut la main/consulté le mercredi 4 février 2026.
https://ici.radio-canada.ca › Costa Rica : la candidate de droite remporte la présidentielle haut la main/consulté le mercredi 4 février 2026.
https://www.france24.com › Costa Rica : la candidate de droite Laura Fernández remporte la présidentielle/consulté le mercredi 4 février 2026.
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