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35 ans après la fin de la dictature d’Augusto Pinochet, le Chili voit l’extrême droite revenir au sommet de l’État. L’élection de José Antonio Kast, ce dimanche 14 décembre 2025, candidat ultraconservateur et admirateur déclaré de Pinochet, marque un tournant historique dans un pays encore hanté par les cicatrices de son passé autoritaire.
Une victoire nette… mais controversée
Porté par une partie de la population lassée par l’insécurité, la crise migratoire et les incertitudes économiques, Kast a su séduire avec un discours d’ordre, de stabilité et de valeurs conservatrices. Pour ses partisans, sa victoire représente une promesse de fermeté et de redressement national, dans un contexte où beaucoup jugent que les gouvernements précédents ont échoué à restaurer la confiance.
Dans les quartiers les plus affectés par la délinquance, on accueille cette victoire avec espoir, voyant en Kast un rempart contre le chaos. Sa politique de fermeté face à l’immigration illégale, son opposition au mariage pour tous ou à la réforme constitutionnelle ont résonné auprès d’une base électorale conservatrice, nostalgique d’un État fort.
Une ombre sur la démocratie
Une chose est certaine : le Chili se trouve à la croisée des chemins, entre l’appel d’un passé autoritaire et l’espoir d’une démocratie plus inclusive. Le choix du peuple a parlé, mais son interprétation reste complexe et profondément controversée.
Mais pour une autre partie du pays, le retour de l’extrême droite au pouvoir réveille les fantômes du passé. La mémoire de la dictature (1973-1990), marquée par des milliers de morts, disparus et torturés, reste vive. Des défenseurs des droits humains, des jeunes progressistes et de nombreuses communautés marginalisées craignent un recul démocratique, notamment en matière de libertés civiles, de justice sociale et de droits des femmes et des minorités.
« Le Chili mérite un avenir, pas un retour en arrière », ont martelé certains membres de la gauche chilienne au soir de l’élection.
Un pays divisé, un avenir incertain
Cette élection révèle un pays profondément divisé, tiraillé entre la peur de l’effondrement et le désir de changement. Alors que Kast promet une politique d’ordre, les tensions sociales et les luttes idéologiques risquent de s’accentuer dans un climat déjà fragile.
La question qui reste en suspens est celle de la gouvernance : Kast saura-t-il rassembler au-delà de son camp et éviter une radicalisation du pouvoir ? Ou entrera-t-on dans une nouvelle ère de polarisation politique ?
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