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Depuis plusieurs mois, les images et les témoignages de traitements inhumains infligés aux migrants haïtiens en République Dominicaine se multiplient : arrestations brutales, rafles nocturnes, humiliations publiques, détentions arbitraires, expulsions de femmes enceintes et de mineurs. Autant d’exemples d’une campagne de persécution organisée, dénoncée par de nombreuses ONG, dont Amnesty International. Pourtant, face à cette crise humanitaire d’une ampleur alarmante, le Conseil Présidentiel de Transition tarde à réagir de manière ferme et proportionnée.
Depuis le départ de la ministre Dominique Dupuy, en novembre 2024, aucune déclaration vigoureuse ni action diplomatique d’envergure n’a été réellement entreprise pour défendre les droits des Haïtiens vivant en territoire dominicain. Pis encore, certains membres du Conseil s’étaient ouvertement opposés aux positions courageuse de l’ancienne ministre, révélant les divisions internes et le manque de volonté politique au sommet de l’État.
Pendant ce temps, les autorités dominicaines poursuivent sans relâche leur politique répressive : plus de 213 000 Haïtiens ont été déportés entre octobre 2024 et avril 2025, selon les chiffres officiels, dont plus de 32 000 rien qu’en avril; une hausse de 71 % par rapport à la même période l’année précédente. Ces données alarmantes ne sont pas de simples statistiques, elles traduisent une tragédie humaine à ciel ouvert, ignorée par les autorités haïtiennes.
Par ailleurs, ce qui choque davantage, c’est que ces expulsions massives sont menées en violation flagrante du droit international : sans procédures régulières, sans vérification d’identité, sans respect pour la vulnérabilité des personnes concernées. Des femmes enceintes à terme sont interpellées et renvoyées sans aucun soin. Des enfants sont séparés de leurs familles, etc.. Et pendant ce temps, le CPT et le gouvernement gèrent leurs agenda plus calmement, comme si cette situation aussi triste ne concernait pas la nation.
Alors que le pays traverse l’une des pires crises de son histoire depuis des années déjà, cette passivité des autorités renforce l’image d’un État déconnecté, incapable ou refusant d’assumer son rôle protecteur envers ses citoyens, même hors du territoire national. Ce manque de réaction est non seulement une démission morale, mais aussi une forme de complicité silencieuse avec les abus subis par des milliers d’Haïtiens.
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