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L’île caribéenne traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Entre chute vertigineuse du tourisme, pénuries chroniques de carburant et exode massif de sa population, l’économie cubaine apparaît aujourd’hui sous respirateur artificiel.
Dans un pays dont l’économie repose en grande partie sur l’exportation de services médicaux et le tourisme, la situation est alarmante. En 2024, Cuba n’a attiré qu’environ 2,2 millions de visiteurs, puis près de 1,8 million en 2025, bien loin des 4,3 millions enregistrés en 2019, avant la pandémie. L’objectif gouvernemental de 2,6 millions de touristes n’a pas été atteint.
Le président Miguel Díaz-Canel ambitionnait pourtant de relancer l’économie en 2025, notamment à travers le tourisme, la production agricole et la modernisation d’un système électrique fragilisé. Mais la réalité est tout autre : coupures d’électricité à répétition, inflation galopante et infrastructures à bout de souffle.
En l’espace de deux mois, trois pannes générales ont plongé le pays dans le noir. Les coupures récurrentes rendent la conservation des aliments presque impossible et paralysent les activités économiques.
De retour de mission sur l’île, la sociologue Blandine Destremau, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), décrit une population épuisée :
« Pour produire, il faut que les gens soient en état de produire. Or ils passent leur temps à chercher de la nourriture. L’électricité est devenue une obsession. Beaucoup disent ne plus avoir le temps de travailler. »
Selon les chiffres officiels, plus d’un million de Cubains ont quitté le pays ces dernières années, soit près d’un habitant sur dix.
Parmi les causes majeures de la crise figure la réforme monétaire de 2021, qui a mis fin au peso convertible aligné sur le dollar. Depuis, le peso cubain s’est fortement dévalué. L’inflation, estimée entre 25 % et 30 % l’an dernier, a réduit drastiquement le pouvoir d’achat.
Le secteur privé, autorisé depuis trois ans à importer et revendre des produits alimentaires, est accusé par les autorités de « ne pas jouer le jeu ». Mais ces petites et moyennes entreprises affirment subir elles-mêmes les coûts élevés des importations et la multiplicité des intermédiaires.
L’économie cubaine reste soumise à l’embargo américain, renforcé durant le premier mandat de Donald Trump (2017-2021). Le processus de rapprochement amorcé sous Barack Obama avait marqué un tournant historique, mais plusieurs sanctions ont ensuite été rétablies.
Le durcissement des mesures visant les produits pétroliers a aggravé la crise énergétique. Les autorités cubaines ont récemment annoncé une pénurie de kérosène jusqu’au 11 mars, affectant les neuf aéroports internationaux du pays. Résultat : annulations de vols en cascade et chute supplémentaire des réservations touristiques.
Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l’Espagne, le Canada et l’Argentine, ont appelé leurs ressortissants à la prudence en raison des dysfonctionnements des services publics et des pénuries médicales.
Des marchés touristiques en net recul
Des marchés clés se sont effondrés :
Canada : -12,4 %
Russie : -29 %
Allemagne : -50,5 %
Diaspora cubaine : -22,6 %
En décembre 2025, la fréquentation touristique a atteint son niveau le plus bas pour ce mois depuis quatre ans, confirmant un début de haute saison particulièrement morose.
Face à l’urgence énergétique, les autorités ont instauré une semaine de travail de quatre jours dans les administrations publiques, encouragé le télétravail, restreint la vente de carburant et réduit les services de transport. Certains établissements touristiques ont temporairement fermé.
Le vice-premier ministre a affirmé que le carburant disponible serait prioritairement destiné aux services essentiels et aux activités économiques indispensables. Dans l’éducation, les journées de cours sont raccourcies et les universités fonctionnent en mode semi-présentiel.
Entre crise énergétique, isolement diplomatique et fuite massive de sa population, Cuba traverse une période charnière. Si aucune amélioration structurelle n’intervient, 2026 pourrait s’avérer encore plus difficile pour l’île communiste, déjà fragilisée par des décennies de tensions économiques et politiques.
RÉFÉRENCES
https://www.lapresse.ca › Cuba adopte des mesures d’urgence, dont la semaine de quatre jours/consulté le mercredi 11 février 2026.
https://www.radiofrance.fr › Pour 2025, le gouvernement cubain veut relancer son économie en crise/consulté le mercredi 11 février 2026.
https://www.institutdesameriques.fr › Blandine DESTREMAU/consulté le vendredi 13 février 2026.
https://www.lesoir.be › Cuba, à court de kérosène, asphyxiée et coupée du monde/consulté le mercredi 11 février 2026.
https://ici.radio-canada.ca › Cuba : « Qu’est-ce qu’on va faire sans les touristes ? »/consulté le mercredi 11 février 2026.
https://www.lemonde.fr › Dans les rues de La Havane, ville fantôme, meurtrie par les pénuries et les menaces américaines/consulté le mercredi 11 février 2026.
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