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En pleine crise sécuritaire, le gouvernement haïtien a pris une décision lourde de conséquences: engager Blackwater, une société militaire privée américaine bien connue pour ses opérations controversées en Irak et en Afghanistan. Selon The New York Times, un contrat a été signé avec Erik Prince, fondateur de l’entreprise, et les forces de Blackwater sont déjà sur le terrain, équipées de drones et d’armes sophistiquées pour mener des frappes contre les groupes armés en Haïti.
L’histoire de Blackwater est marquée par des interventions à coûts très élevés. En Irak, l’entreprise avait obtenu des contrats de plus de 1 milliard de dollars avec le gouvernement américain entre 2001 et 2010. En Afghanistan, elle a également bénéficié de centaines de millions pour assurer la sécurité de diplomates et former des troupes locales. En Libye, des rapports indiquent qu’une opération militaire privée soutenue par Erik Prince aurait coûté près de 80 millions de dollars.
Haïti n’a pas révélé le montant du contrat. Mais si l’on se base sur les expériences similaires dans d’autres pays, il est possible que l’enveloppe soit de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars, voire plus. Pour un État confronté à une crise humanitaire, économique et institutionnelle, ce choix soulève des interrogations légitimes.
Blackwater n’est pas la seule entreprise de ce type. DynCorp, Triple Canopy ou encore GardaWorld sont aussi régulièrement engagées par des États pour mener des missions offensives ou sécuritaires. Leurs contrats varient selon l’ampleur de la mission, allant de 10 à 500 millions de dollars selon les zones de conflit. Haïti pourrait donc s’inscrire dans une fourchette budgétaire comparable, notamment si les opérations de Blackwater devaient se prolonger ou s’intensifier.
Cette décision d’engager un groupe militaire privé intervient alors que la force multinationale dirigée par le Kenya est déjà présente sur le sol haïtien depuis près d’un an. Pourtant, malgré son déploiement, l’insécurité n’a pas reculé, et les gangs continuent de terroriser la population. Ce double dispositif interroge : pourquoi avoir besoin d’une deuxième force armée si la première est toujours opérationnelle ?
Toutefois, le recours à Blackwater traduit l’échec partiel, voire total, des efforts multinationaux à ramener la paix en Haïti. Cette démarche controversée, aux implications politiques et éthiques profondes, soulève des craintes quant à la souveraineté nationale, la transparence dans l’utilisation des fonds publics, et la durabilité d’une paix imposée par des mercenaires étrangers.
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