![]()
Résident en service social à l’Hôpital Maternité de Carrefour depuis octobre 2024, Christopher Bonhomme fait de la médecine son véritable fer de lance. Malgré les nombreuses contraintes, le jeune médecin âgé d’une vingtaine d’années se dit déterminé à poursuivre ses rêves.
Né dans le département du Nord d’Haïti, Christopher Bonhomme a grandi dans une famille bi parentale. De Delmas, où il a passé une partie de son enfance, en passant par Sarthe Deuxième Varreux, c’est là que le soleil de ses rêves a commencé à éclairer son parcours. Christopher est un jeune médecin ambitieux qui, pourtant, ne rêvait pas de porter cette blouse blanche. Avec le soutien d’une tante vivant à l’étranger, de concert avec ses parents, il a dû foncer vers la réalité. « Ma mère est maladive, je me suis promis que je serais le médecin qui prendra soin d’elle », avoue-t-il. C’est là que son amour pour la médecine s’est éveillé.
Son histoire avec la médecine
Sachant à quel point étudier la médecine en Haïti demande du temps et de l’énergie, le jeune médecin fait partie de ceux qui n’abandonnent pas au premier obstacle. Sa plus grande motivation est d’accomplir ce qu’il a commencé. « Le droit et la sociologie ont été mes premiers choix, pas la médecine », a-t-il souligné.
Pour lui, aujourd’hui, cette dernière est plus qu’une profession. « La médecine a un impact positif sur ma vie. Je deviens plus humble et plus humaniste », lâche-t-il. Ancien étudiant en médecine de 2016 à 2024, issu de la deuxième promotion de l’Université Épiscopale d’Haïti, il se donne à fond pour soutenir les patients en quête de soins.
Les difficultés rencontrées à la Maternité de Carrefour
Travaillant à l’Hôpital Maternité de Carrefour, une institution publique ayant pour objectif de fournir des soins materno-infantiles afin de réduire le taux de mortalité maternelle et infantile, Dr Bonhomme fait face à de nombreux obstacles, comme tant d’autres médecins résidents. Autrefois, la Maternité de Carrefour recevait plus d’une dizaine de résidents en service social. Pour l’année 2025, en raison de la conjoncture actuelle du pays, elle n’en compte plus que trois.
Parfois, Dr Bonhomme se retrouve dans l’impossibilité de suivre l’évolution de ses patients, qui se plaignent de stress et développent de l’hypertension. Beaucoup manquent également de moyens pour effectuer des examens médicaux et acheter des médicaments. Le manque d’intrants et l’absence de laboratoires au sein de la maternité aggravent encore la situation. De nombreux directeurs d’hôpitaux de la commune de Carrefour déplorent l’insuffisance de résidents, ce qui alourdit considérablement la charge de travail.
En dépit de ces défis, Dr Bonhomme décrit une atmosphère sereine, avec un personnel de santé soucieux de ses tâches. Le jeune médecin ne se lasse pas d’exercer son métier avec professionnalisme.
Son succès dans la médecine
Après plusieurs années d’études, la détermination du Dr Bonhomme reste intacte. Aujourd’hui, il n’est plus un simple observateur. À son échelle, il a déjà jeté sa pierre à l’édifice. « Je sais que je ne parviendrai pas à apporter un changement global, mais provoquer un changement personnel est, selon moi, un signal fort pour parvenir à un changement plus vaste », affirme-t-il.
Pour lui, les succès en médecine sont des victoires du quotidien. « Ma plus grande fierté, c’est qu’à chaque rendez-vous, mes patients me disent qu’ils se sentent mieux. Pour moi, c’est ça, le succès », ajoute-t-il. Le jeune médecin arrive à la maternité dès 8 h du matin et ne repart qu’après avoir vu son dernier patient. « Pour reprendre les mots de mon ancien professeur de néphrologie, Dr Audie Métayer : c’est le médecin qui attend le patient, et non l’inverse. »
En plus d’être médecin, Christopher Bonhomme a étudié le journalisme. Il a collaboré à l’émission Inter-Connexion, aux côtés de Luxon Lacroix, diffusée sur la radio Zénith FM. Il est également activiste social et politique, membre d’un parti.
Dr Bonhomme encourage ses confrères médecins à donner le meilleur d’eux-mêmes pour cette population en quête de soins. Il croit au potentiel des jeunes médecins et les exhorte à tenir bon, car, selon lui, la médecine est un métier noble. « Vous avez une responsabilité envers cette population qui vous a vu grandir et qui a aujourd’hui besoin de vous. Vous pouvez changer l’échangeable, car Haïti renaîtra de ses cendres », conclut-il.
About The Author
En savoir plus sur Top Média Haïti
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

