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Ces derniers temps, plusieurs agents de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) se sont impliqués dans divers actes troublant la stabilité du pays, particulièrement dans le Grand Nord. Meurtre, vol de biens privés, attaques et affrontements contre des commissariats de police : toutes ces dérives sont orchestrées par ce groupe armé, pourtant censé être protecteur de l’environnement.
Le samedi 8 novembre 2025, dans la commune de Trou-du-Nord, département du Nord-Est d’Haïti, un agent de la BSAP, dont le nom reste inconnu jusqu’à présent, a tué par balle une jeune femme commerçante à la suite d’une dispute portant sur un montant de 50 gourdes, soit environ 0,30 dollar américain.
Le même jour, selon des informations confirmées par notre rédaction dans la soirée, un jeune homme a été à son tour abattu par un autre agent du même corps armé dans la commune de Limbé, département du Nord.
De plus, à maintes reprises, des affrontements ont opposé des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) à ceux de la BSAP, notamment après plusieurs arrestations d’agents de la BSAP pour des infractions parfois graves.
Début novembre, un agent de la BSAP a été tué par la population après une affaire de vol de bœuf, toujours dans le Nord.
Ces actions mettent en jeu la crédibilité de ce corps, autrefois honoré par la population haïtienne pour sa bravoure face à l’armée dominicaine lors de la construction du canal sur la rivière Massacre, à Ouanaminthe.
Au-delà des incidents isolés, la présence incontrôlée de certains agents de la BSAP dans plusieurs communes du pays fait planer une véritable menace sur la stabilité sociale. De nombreux témoignages rapportent que des membres du corps imposent leur autorité en dehors de tout cadre légal, rançonnent des commerçants, intimident des habitants et interviennent dans des conflits qui ne relèvent pas de leur mission initiale.
Cette dérive transforme peu à peu la BSAP, créée à des fins environnementales, en un acteur de désordre et de tension communautaire, contribuant ainsi à la fragilisation du climat de sécurité déjà précaire en Haïti.
La BSAP est-elle sous la tutelle de l’État haïtien ?
Créée par un décret présidentiel en 2017, la BSAP tire son autorisation du décret du 26 janvier 2006, qui a donné naissance à l’Agence nationale des aires protégées (ANAP).
De manière institutionnelle, ce corps devrait être encadré par l’État haïtien à travers le Ministère de l’Environnement.
Cependant, des doutes persistent quant à son mode de fonctionnement : les recrutements, les paiements, la distribution des armes à feu et d’autres matériels tels que les uniformes ou les équipements d’entraînement sont-ils réellement gérés par l’État ?
Il est vrai que certaines de leurs armes auraient été fournies par le ministère de l’Environnement, mais combien exactement ? À rappeler qu’en février 2022, ce ministère avait retiré les badges de tous les agents de la BSAP, en raison de la multiplication d’actions illégales qui leur étaient attribuées.
Face au comportement de certains de ses agents, les inquiétudes demeurent vives.
Si certains plaident pour une réforme urgente de la structure, d’autres réclament une intervention judiciaire rapide afin de rendre justice aux victimes des actions arbitraires de la BSAP et de prendre des mesures concrètes pour régulariser son fonctionnement, dans un contexte où l’insécurité devient une préoccupation nationale.
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