Bras de fer entre la Maison-Blanche et le palais de Miraflores : Tentative de renversement du successeur d’Hugo Chávez

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Au moment où les relations entre Washington et Caracas connaissent une nouvelle escalade en cette fin d’année 2025, les tensions franchissent un seuil inédit. Entre accusations de narcotrafic, sanctions renforcées, déploiements militaires américains dans la Caraïbe et isolement diplomatique du régime Maduro, l’opposition vénézuélienne en exil multiplie les appels à l’intervention internationale. Cette détérioration accélérée du climat géopolitique ravive le spectre d’un bras de fer frontal entre la Maison-Blanche et Miraflores, alimentant les inquiétudes d’une possible opération visant à renverser Nicolás Maduro.

« Depuis leur affirmation géopolitique et économique au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les États-Unis d’Amérique n’ont eu de cesse de peser de toute leur puissance sur une Amérique latine et une Caraïbe profondément fragilisées par le poids de leurs ruptures naturelles et par les meurtrissures d’une ethnogenèse menée sur fond d’antagonismes coloniaux (Eric Dubesset). »

Le 45e président américain ou Trump I, malgré tout ce qu’il a entrepris pour faire tomber le chef d’État de la République bolivarienne, Donald J. Trump ne pouvait pas renverser le président vénézuélien. Le locataire de la Maison-Blanche, en l’occurrence le 47e président américain ou Trump II, avec sa capacité de nuisance dans sa lutte contre le trafic de drogue selon lui, veut à tout prix cette fois-ci chambarder le gouvernement de Nicolás Maduro qu’il qualifie de chef d’un cartel, sans pour autant en démontrer les preuves.

Comme il ne pourra plus se porter candidat, il semble déterminé à frapper fort durant ce second mandat qui est également le dernier. Entre temps, María Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne en exil et lauréate du prix Nobel de la paix 2025, ne s’oppose pas à un renversement du président, estimant que son élection a été volée, ce qui lui permet aujourd’hui d’entamer un troisième mandat.

Au pouvoir depuis la mort d’Hugo Chávez en 2013, Nicolás Maduro assure la présidence jusqu’à son troisième mandat actuel qu’il affirme vouloir conserver « pour toujours ». Le chef d’État vénézuélien a déjà failli perdre le pouvoir durant son second mandat lorsque Juan Guaidó, pro-américain et président du Parlement, avait tenté de le renverser. Ce fut un échec total.

Parallèlement, sous la présidence de Trump I, un blocus sévère a été imposé au Venezuela. En 2018, les États-Unis, premier client et fournisseur du Venezuela, ont mis en place des mesures coercitives qui ont brutalement fait chuter les exportations de pétrole vers Washington. Les exportations quotidiennes de 587 000 barils sont tombées à zéro entre janvier et mars 2019.

La politique menée par Trump à l’encontre de Maduro

En relations internationales, le rapport de force prédomine. Le recours à la force militaire ou à la menace constitue un instrument majeur. Les dirigeants politiques concentrent leurs efforts pour maximiser la sécurité ou la puissance de leur État.

La politique américaine envers Nicolás Maduro était intransigeante et hostile. Les sanctions économiques, particulièrement sur les exportations pétrolières, ont fini par ruiner l’économie vénézuélienne.

Pourtant, Olivier Pirot déclare le 18 octobre 2025 que : « Ce pays, parmi les fondateurs de l’Organisation des producteurs de pétrole, est assis sur les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut, soit 302,25 milliards de barils selon le Trésor français, et les quatrièmes réserves de gaz naturel. »

Trump applique le réalisme offensif de Hans Morgenthau, selon lequel les États cherchent à maximiser leur puissance en l’étendant à l’extérieur, et les plus puissants exigent davantage du système international. Maduro quant à lui opte pour le réalisme défensif de Kenneth Waltz, qui considère que les États priorisent leur survie en protégeant leur souveraineté et leur intégrité territoriale.

« En effet, le réalisme s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à Thucydide et son récit des négociations durant les guerres du Péloponnèse, où il souligne l’importance du rapport de force. »
« Outre Thucydide, entre dans ce courant de pensée Le Prince de Machiavel qui place la sécurité de l’État au centre de ses préoccupations : “Un prince ne doit avoir autre objet ni autre pensée que la guerre et l’organisation militaire. Quand les princes se sont abandonnés aux voluptés plutôt qu’aux armes, ils ont perdu l’État.” »

La dénonciation du président Hugo Chávez à l’encontre des États-Unis et son rapprochement vers l’Union européenne

Dans un article publié le 13 mars 2005, Weibert Arthus affirme que lors d’une visite officielle à Paris, Hugo Chávez annonça qu’il cherchait des alliés occidentaux pour contrebalancer la puissance américaine. Le 9 mars, à Paris également, il accusa le président américain de l’époque de préparer un attentat contre lui, évoquant le coup d’État du 11 avril 2002.

Chávez rend le gouvernement américain « responsable » de tout ce qui pourrait lui arriver et affirme : « Bush dit que Hugo Chávez est une menace pour la région, une force négative pour l’Amérique latine. »

Pour lui, « le gouvernement des États-Unis ne respecte rien ni personne. C’est une menace pour le monde. » C’est ainsi qu’il se tourne vers les pays du Sud, notamment l’Inde, et cherche également des alliés en Occident.

Les menaces américaines contre le Venezuela ne datent donc pas d’hier. L’histoire permet de comprendre pourquoi Nicolás Maduro demeure aujourd’hui dans la ligne de mire de Washington.

Hugo Chávez déclarait : « Je n’attaque pas le président Bush. Je contre-attaque. Bush a attaqué le monde avec des bombes. Il faut stopper la menace de l’Empire US. »

L’avenir du président Nicolás Maduro

Pour Milos Alcalay, ancien représentant permanent du Venezuela auprès de l’ONU et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, le “régime Maduro” vit un moment de nervosité dû à un isolement international irréversible. Il souligne que l’Amérique latine a évolué vers un consensus démocratique opposé à Caracas.

À cela s’ajoute un facteur nouveau : le soutien des pays caribéens, désormais acteurs actifs face au trafic de drogue, à l’immigration clandestine et aux autres activités illicites attribuées à l’État vénézuélien. Alcalay affirme : « Pour nombre d’entre eux, le déploiement américain dans la région est un message direct. Washington est prêt à agir. »

Si Maduro n’a plus les cartes en main, doit-on s’attendre à une attaque américaine comme le souhaite Trump ?

Avec les accusations, les élections contestées, et les allégations de cartel, Maduro pourra-t-il réellement terminer son troisième mandat ?

Bibliographie

Dubesset, E. (s.d.). L’HÉGÉMONIE ETATS-UNIENNE A L’EPREUVE DU NÉO-BOLIVARISME VÉNÉZUÉLIEN. (s.l.). (s.m.é.).


Giudicelli, J. (s.d.). COURS DE RELATIONS INTERNATIONALES : 1ère année Master sciences politiques. (s.l.). (s.m.é).
Tshiyembe, M. (2010). LA POLITIQUE ÉRTANGÈRE DES GRANDES PUISSANCES. Paris, France, Éditions L’Harmattan.
https://www.alterpresse.org › Venezuela : Chavez dénonce les USA et se tourne vers l’UE/consulté le mercredi 3 décembre 2025.

https://www.univ-rouen.fr › Trump engagera-t-il un nouveau bras de fer avec le Venezuela/consulté le mercredi 3 décembre 2025.

https://www.lanouvellereoublique.fr › L’inquiétante montée des tensions entre les États-Unis et le Venezuela/consulté le mercredi 3 décembre 2025.

https://www.france24.com › Trump confirme un échange avec Maduro, le Venezuela alerte sur “une agression en préparation”/consulté le jeudi 4 décembre 2025.

https://freuronews.com › Tensions entre les États-Unis et le Venezuela  : “le jour d’après, c’est le grand problème”/consulté le jeudi 4 décembre 2025.

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