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Malgré l’insécurité persistante, les incertitudes politiques et les tensions internationales, l’entrée dans l’année 2026 ravive une tradition profondément ancrée dans la société haïtienne, celle de se souhaiter le meilleur. Entre inquiétudes collectives et quête personnelle de sens, le nouvel an demeure un moment de réflexion, d’espoir et de recentrage sur l’essentiel.
En dépit de tout ce que peut réserver le cours de l’actualité, l’arrivée d’une nouvelle année reste, en Haïti comme ailleurs, un moment de célébration. Les traditions nous rappellent ce devoir presque sacré d’échanger des vœux, d’offrir un peu de soi, de prodiguer des conseils, de prononcer des bénédictions sur la vie de l’autre. Les souhaits se multiplient, parfois à l’infini, portés par l’espoir d’un lendemain meilleur. C’est aussi l’occasion de créer du bonheur, d’offrir des cadeaux à ses proches et de marquer symboliquement un nouveau départ.
Chaque nouvel an apporte son lot de défis, d’objectifs et de remises en question. Il invite à un retour sur soi, à une introspection nécessaire pour mieux se projeter dans l’avenir. Pourtant, l’année 2026 s’ouvre dans un climat marqué par l’anxiété, l’incertitude et le doute. Pour beaucoup, elle semble s’inscrire dans la continuité d’années éprouvantes, dominées par l’insécurité et l’instabilité.
À peine installée, l’année nouvelle voit ressurgir des inquiétudes familières. Certains évoquent les pluies abondantes de ce début d’année, ravivant le souvenir douloureux de 2010 et du séisme du 12 janvier. D’autres s’interrogent sur l’avenir politique du pays et sur les décisions à venir des neuf conseillers présidentiels. À cela s’ajoutent des tensions géopolitiques internationales, notamment la crainte d’un nouvel affrontement idéologique mondial, dans un contexte marqué par les relations tendues entre les États Unis et le Venezuela.
Face à cet ensemble de préoccupations, une question demeure, devons nous laisser ces inquiétudes nous priver de nos vœux de bonheur. Faut il renoncer à se souhaiter une année lumineuse sous prétexte que le contexte est sombre. Rien ne justifie une telle abdication de l’espoir. Trop souvent, nous passons nos journées à nous préoccuper des turbulences politiques, des conflits, du poids de la vie quotidienne, au point d’oublier notre propre voix intérieure.
Prendre le temps de se retrouver, d’écouter le silence, d’observer la nature, de respirer pleinement, peut constituer un véritable refuge. Ces instants simples rappellent la nécessité de se recentrer sur l’essentiel et de préserver un équilibre intérieur, même lorsque la réalité collective est pesante.
L’année 2026 sera, comme toutes les autres, jalonnée de souvenirs heureux et douloureux. Elle marquera des anniversaires, des unions, des séparations. Elle rappellera aussi des dates lourdes de sens pour la nation haïtienne, notamment les cinq ans de l’assassinat du président Jovenel Moïse et les seize ans du séisme de 2010 ayant coûté la vie à près de 300 000 personnes. Elle est également attendue comme une année charnière, au cours de laquelle le Conseil présidentiel de transition est censé organiser des élections.
Malgré tout, 2026 peut et doit être une année d’espoir, de résilience et d’accomplissement personnel. La tradition veut que les vœux de santé et de bonheur soient partagés, même dans l’adversité. Renoncer à souhaiter une bonne année à son prochain, sous prétexte que le pays va mal, revient à renier toute foi en un avenir meilleur.
En 2026, chacun est invité à se placer au centre de ses priorités. À cultiver ses ressources intérieures, à vivre intensément, à lire, à apprendre et à voyager, au moins intérieurement. À savourer chaque instant de bonheur comme s’il était précieux et rare.
Bonne année, dans le bon sens du terme.
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