51e anniversaire de la FASCH : une bougie de plus soufflée dans le désespoir

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Ce 19 juin 2025, la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti célèbre ses 51 ans d’existence dans un contexte particulièrement sombre. Depuis le début du mois de mars, l’administration a été contrainte d’abandonner ses locaux situés sur l’avenue Christophe, à Port-au-Prince, après une attaque armée de la coalition criminelle Viv Ansanm. Ce haut lieu du savoir est désormais silencieux, déserté, vidé de sa mission.

Depuis cette attaque, les activités académiques ne peuvent plus se tenir en présentiel. Dans un effort de résilience, la faculté a tenté de lancer une nouvelle session de cours en ligne au mois de mai. Cependant, l’initiative est minée par une série de défis majeurs : instabilité du courant électrique, connexion Internet déficiente et manque d’outils adaptés pour les enseignants et les étudiants. À cela s’ajoute l’absence d’une véritable plateforme institutionnelle dédiée à l’enseignement à distance. Faute d’infrastructures numériques, les enseignants doivent se débrouiller avec des solutions improvisées, souvent inefficaces. De plus, plusieurs professeurs ne maîtrisent pas les outils comme Zoom ou Google Meet, faute de formation adéquate.

Cette situation illustre le profond malaise dans lequel se trouve l’enseignement supérieur haïtien. Fêter un 51e anniversaire sans local, sans plateforme numérique fonctionnelle, et sans véritable accès à l’éducation, dans un pays où l’État reste silencieux face à une telle crise, c’est plus qu’une tragédie : c’est une honte nationale. La FASCH, qui a vu passer de grands intellectuels, se retrouve aujourd’hui sans toit et sans perspectives.

Au lieu d’une célébration digne de son histoire, la Faculté traverse une période d’errance, symptomatique d’un système éducatif abandonné à lui-même. L’absence de mesures d’urgence ou de solutions d’adaptation de la part des autorités révèle une incapacité chronique à répondre aux réalités du moment. Pourtant, dans certains pays, les établissements déplacés ou touchés par des crises trouvent des appuis techniques et humains pour continuer leur mission.

Et la FASCH n’est malheureusement pas un cas isolé. D’autres entités de l’Université d’État d’Haïti vivent une situation similaire, dans un climat d’abandon général. Pourtant comme elles, la FASCH devrait lancer un nouveau concours d’admission d’ici le mois d’octobre prochain. Mais une question cruciale demeure: comment ce concours sera-t-il organisé sans locaux, sans plateforme fonctionnelle, sans garanties minimales de sécurité ou de suivi pédagogique? Et surtout, où cette nouvelle promotion, si elle est admise, pourra-t-elle suivre ses cours?

Face à ce tableau préoccupant, les étudiants de la FASCH semblent résignés. Beaucoup se contentent de suivre, tant bien que mal, les rares cours disponibles, sans exiger des comptes ni proposer de pistes de solution. Pourtant, être étudiant aujourd’hui ne devrait pas se limiter à consommer passivement le savoir, mais impliquer un engagement actif dans la défense du droit à l’éducation. L’absence de réaction collective face à cette situation dramatique affaiblit davantage une faculté déjà fragilisée. Sans mobilisation, sans voix forte pour interpeller l’État, l’avenir de l’enseignement supérieur en Haïti risque de s’enliser encore plus.

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