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Le 3 avril 2000, Jean Léopold Dominique, journaliste engagé et directeur de Radio Haïti Inter, est assassiné devant les locaux de sa station à Port-au-Prince. Son gardien, Jean-Claude Louissaint, est également tué lors de l’attaque. Ce double meurtre, perçu comme une tentative de museler la presse indépendante, a profondément marqué l’histoire du journalisme haïtien, alors que l’enquête autour de l’acte n’a jusqu’à présent pas abouti.
Depuis un quart de siècle, l’enquête sur cet assassinat piétine. Malgré des avancées ponctuelles, notamment l’inculpation de plusieurs suspects en 2013, aucun coupable n’est jusqu’à présent jugé. L’affaire reste une illustration frappante des failles du système judiciaire haïtien, souvent critiqué pour son incapacité à traiter les dossiers impliquant des figures influentes.
Jean Dominique, connu pour son franc-parler et ses critiques acerbes contre la corruption et l’impunité, s’était attiré de nombreux ennemis au sein de la classe politique. Son assassinat est rapidement apparu comme un crime politique, mais l’absence de volonté politique pour élucider l’affaire alimente les soupçons d’une protection implicite des commanditaires.
Chaque année, des manifestations et des hommages sont organisés en mémoire du journaliste. Les organisations de presse et les défenseurs des droits humains dénoncent l’impunité et réclament que justice soit enfin rendue. L’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), les Reporters sans frontières (RSF) et l’Union des journalistes du Nord d’Haïti (UJNH) rappellent régulièrement l’importance de résoudre cette affaire pour garantir la sécurité des professionnels des médias en Haïti.
Vingt-cinq ans après, la question reste entière : la justice finira-t-elle par triompher, ou l’assassinat de Jean Léopold Dominique demeurera-t-il un symbole tragique de l’impunité en Haïti ?
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