À trois jours de la rentrée des classes, prévue pour le 7 septembre 2026, l’inquiétude s’installe dans de nombreuses familles haïtiennes. Alors que les établissements scolaires s’apprêtent à accueillir les élèves, plusieurs parents affirment ne toujours pas disposer des moyens nécessaires pour assurer la rentrée de leurs enfants. Entre les frais de scolarité, les fournitures scolaires, les uniformes, le transport et les autres dépenses incontournables, la rentrée apparaît pour beaucoup comme une nouvelle montagne à gravir.
La fin de l’année académique, au mois de juin, n’avait pourtant pas été de tout repos pour les familles. Pendant plusieurs mois, de nombreux parents ont dû multiplier les sacrifices pour maintenir leurs enfants sur les bancs de l’école. Certains ont contracté des dettes, d’autres ont dû réduire leurs dépenses quotidiennes, tandis que plusieurs ont simplement compté sur l’aide de proches pour parvenir à payer les frais scolaires. À peine cette année terminée, les mêmes familles doivent déjà trouver de nouvelles ressources pour préparer la suivante.
Une rentrée qui arrive dans un contexte économique difficile
La date du 7 septembre approche, mais pour une partie des parents, les préparatifs sont loin d’être terminés. Le problème n’est pas seulement de trouver des cahiers ou un nouvel uniforme. Pour certaines familles, il s’agit avant tout de trouver l’argent nécessaire pour franchir la porte de l’école.
Certains parents expliquent qu’ils n’ont toujours pas pu acquitter les frais de scolarité de l’année précédente. D’autres affirment même ne pas avoir encore récupéré les bulletins de leurs enfants en raison de leurs dettes envers les établissements scolaires. Une situation qui complique davantage les démarches pour la nouvelle année académique.
Dans ces conditions, l’inquiétude est grande : comment préparer une nouvelle année scolaire lorsqu’une partie des obligations financières de l’année précédente n’est toujours pas réglée ? Pour ces parents, l’éducation reste une priorité, mais leurs moyens financiers ne suivent plus leurs ambitions.
L’insécurité complique davantage la rentrée.
À cette crise économique vient s’ajouter le poids de l’insécurité. Dans plusieurs quartiers de la capitale et de ses environs, les déplacements demeurent une source de préoccupation pour les familles. Les parents ne doivent plus seulement réfléchir à la manière de payer l’école ; ils doivent également se demander dans quelles conditions leurs enfants pourront s’y rendre et en revenir.
Pour certaines familles, la distance entre le domicile et l’établissement scolaire devient un véritable problème. Les frais de transport augmentent la facture de la rentrée, tandis que l’insécurité rend certains trajets particulièrement préoccupants. Dans ce contexte, même les parents qui parviennent à réunir l’argent nécessaire peuvent encore hésiter à envoyer leurs enfants à l’école.
L’insécurité ne menace donc pas uniquement la circulation des personnes. Elle fragilise également le fonctionnement normal du système éducatif et contribue à accentuer la vulnérabilité des familles déjà confrontées à des difficultés économiques.
Les vendeurs de fournitures scolaires confrontés à une rentrée au ralenti
La situation ne touche pas uniquement les parents. Les commerçants spécialisés dans la vente de fournitures scolaires disent eux aussi subir les conséquences de cette conjoncture difficile. À quelques jours de la rentrée, certains constatent une faible affluence dans leurs commerces, alors que cette période représente habituellement un moment important pour leurs activités.
Cahiers, sacs à dos, chaussures, uniformes, crayons et autres matériels scolaires sont disponibles, mais les clients se font attendre. Selon plusieurs vendeurs, les parents viennent parfois regarder les prix sans pouvoir effectuer leurs achats, ou achètent uniquement le strict minimum faute de moyens.
Pour ces commerçants, la situation sécuritaire joue également un rôle important dans cette baisse des ventes. Lorsque les parents ont peur de se déplacer et que leur pouvoir d’achat diminue, c’est toute l’activité commerciale qui en ressent les conséquences. Ils estiment ainsi que l’insécurité ne constitue plus uniquement une crise sécuritaire. Elle est devenue un facteur qui alimente la crise économique, réduit les activités commerciales et affecte directement les familles.
Face à cette situation, quel rôle pour l’État ?
Dans un tel contexte, les regards se tournent inévitablement vers l’État. Pour de nombreux parents, l’accès à l’éducation ne devrait pas dépendre uniquement de la capacité financière de chaque famille. Ils attendent donc des autorités des mesures capables d’alléger le poids qui repose sur leurs épaules et de créer des conditions permettant aux enfants de fréquenter l’école dans un environnement plus stable et plus sécurisé.
La question de la sécurité reste particulièrement importante. Les parents veulent pouvoir envoyer leurs enfants à l’école sans avoir à vivre quotidiennement avec la peur d’un incident sur le trajet. Ils réclament également des mesures concrètes pour permettre aux établissements scolaires de fonctionner dans des conditions normales.
Car derrière chaque élève qui prend le chemin de l’école se trouve une famille qui doit financer sa scolarité, assurer son transport et, surtout, espérer qu’il rentrera sain et sauf à la maison.
Une rentrée entre sacrifices et incertitudes
À trois jours de la rentrée, l’ambiance est donc loin d’être celle d’une simple reprise scolaire. Pour de nombreux parents, le 7 septembre représente plutôt une nouvelle épreuve. Ils veulent voir leurs enfants reprendre le chemin de l’école, mais les moyens financiers et la situation sécuritaire leur imposent de nombreuses incertitudes.
Cette rentrée pose ainsi une question qui dépasse largement les murs des établissements scolaires : dans un pays où tant de familles peinent déjà à assurer leurs besoins essentiels, comment garantir à chaque enfant son droit à l’éducation ?
À quelques jours de la reprise, les parents continuent d’appeler au secours. Ils cherchent une réponse, un soutien, une solution. Mais surtout, ils veulent savoir à qui crier lorsque la volonté d’offrir une éducation à leurs enfants se heurte chaque jour à la pauvreté et à l’insécurité.
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