Un adolescent de 14 ans est soupçonné d’avoir tué ses grands-parents avant d’ouvrir le feu dans son établissement scolaire, où cinq membres du personnel ont été tués. Le tireur présumé s’est ensuite donné la mort. Un drame qui relance le débat sur la circulation des armes à feu en Thaïlande.

 

Une fusillade meurtrière a plongé la Thaïlande dans le deuil vendredi 7 août 2026. Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans un établissement scolaire de la province de Nonthaburi, en périphérie de Bangkok, faisant plusieurs victimes parmi les enseignants et le personnel de l’école. Le bilan s’est alourdi samedi à neuf morts après le décès à l’hôpital d’une élève de 12 ans grièvement blessée lors de l’attaque. Vingt-trois autres personnes ont également été blessées.

 

Selon les autorités, le jeune garçon aurait d’abord tué ses deux grands-parents à leur domicile avec une arme appartenant légalement à son grand-père. Il s’est ensuite rendu au Debsirin Nonthaburi School, dans le district de Bang Kruai, avant d’y ouvrir le feu. Cinq membres du personnel scolaire ont été tués. Le tireur présumé a finalement retourné l’arme contre lui et est décédé.

 

Des élèves pris de panique

 

L’attaque a provoqué un mouvement de panique dans l’établissement. Des élèves ont tenté de fuir les lieux tandis que d’autres se sont réfugiés dans des salles de classe et ont barricadé les portes. Des témoignages recueillis par les médias locaux et internationaux décrivent des scènes de chaos alors que les élèves cherchaient à se mettre à l’abri.

 

Selon les autorités sanitaires, plusieurs blessés sont toujours hospitalisés, dont certains dans un état critique. Les victimes sont pour la plupart des adolescents, ce qui accentue l’émotion dans le pays.

 

Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a qualifié l'événement de tragédie et promis de renforcer les mesures visant à limiter l'accès aux armes à feu. Le gouvernement entend notamment examiner de nouveau les dispositifs de contrôle et de prévention après ce drame.

 

L'accès aux armes au cœur des interrogations

 

La tragédie remet également en lumière la question de la circulation des armes en Thaïlande. Le pays figure parmi ceux où la détention civile d'armes est particulièrement importante en Asie du Sud-Est. Cette situation alimente depuis plusieurs années les inquiétudes des autorités et de la société civile.

 

Dans le cas de la fusillade de Nonthaburi, une question centrale se pose : comment un adolescent de 14 ans a-t-il pu accéder à une arme détenue légalement par son grand-père ? Les premières informations disponibles indiquent que l'arme utilisée appartenait à ce dernier.

 

Cette affaire intervient alors que la Thaïlande a déjà été confrontée à plusieurs fusillades impliquant de jeunes personnes. En octobre 2023, un adolescent de 14 ans avait ouvert le feu dans le centre commercial Siam Paragon, à Bangkok, faisant trois morts et plusieurs blessés.

 

En février 2026, une autre attaque avait également visé une école à Hat Yai, dans le sud du pays. Une enseignante, également directrice de l'établissement, avait succombé à ses blessures après avoir été touchée par balle.

 

Un traumatisme qui ravive le souvenir de 2022

 

La fusillade de Nonthaburi ravive aussi le souvenir du massacre d'Uthai Sawan, en octobre 2022, considéré comme l'une des attaques les plus meurtrières contre des enfants en Thaïlande. Un ancien policier avait alors tué 36 personnes, dont 24 enfants, dans une attaque à l'arme à feu et à l'arme blanche contre une garderie.

 

Quatre ans plus tard, la répétition d'attaques impliquant des armes à feu relance les interrogations sur l'efficacité des mesures prises pour prévenir l'accès des mineurs aux armes et renforcer la sécurité dans les établissements scolaires.

 

Une école fermée après le drame

 

À la suite de la fusillade, l'établissement concerné est obligé de suspendre ses activités en présentiel pendant plusieurs jours. Les autorités ont également mobilisé des équipes de soutien afin d'accompagner les élèves, les familles et le personnel confrontés aux conséquences psychologiques de l'attaque.

 

Au-delà du bilan humain, le drame pose une nouvelle fois la question de la protection des établissements scolaires et de la prévention de la violence chez les jeunes. Pour les familles des victimes, les interrogations sur les circonstances ayant permis à un adolescent d'accéder à une arme restent désormais au cœur du débat national.

 

La Thaïlande fait ainsi face à un nouveau traumatisme qui pourrait accélérer les discussions sur le contrôle des armes, la sécurité scolaire et les mécanismes de prévention des violences impliquant des mineurs.