Le mardi 21 juillet 2026 marque la visite officielle et historique d'un président libanais sur le territoire américain, une première pour un chef d'État du Liban depuis 2009. Lors de cette rencontre, qui s'est déroulée dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le président libanais, Joseph Aoun, a sollicité l'aide de son homologue américain, Donald J. Trump, afin de faire pression sur Israël pour qu'il se retire du sud du Liban. Cependant, Tel-Aviv refuse tout retrait tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé, une exigence également formulée par Washington.
Deux jours plus tôt, le 19 juillet 2026, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait déclaré que tant que cette question ne serait pas résolue, le Liban ne connaîtrait jamais une paix véritable. Dans le même temps, il a « salué le courage du gouvernement libanais pour ses efforts déterminés à rétablir la souveraineté libanaise, à désarmer le Hezbollah et à démanteler son infrastructure terroriste ».
Une rencontre historique à la Maison-Blanche
Le 21 juillet 2026, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, une rencontre qualifiée d'« historique » s'est tenue entre le 45e et 47e président des États-Unis, Donald J. Trump, et le 14e président de la République libanaise, Joseph Aoun. S'il s'agit de la première visite d'un président libanais à Washington depuis 2009, ce n'est toutefois pas la première fois que Donald Trump reçoit un dirigeant libanais à la Maison-Blanche. Lors de son premier mandat, en 2017, le président républicain avait accueilli le Premier ministre Saad Hariri dans un contexte de fortes tensions régionales, marqué par l'engagement du Hezbollah dans la guerre en Syrie aux côtés de Bachar el-Assad et par les affrontements entre l'armée libanaise et des groupes djihadistes à la frontière syro-libanaise.
La reprise des vols directs entre les États-Unis et le Liban
La visite de Joseph Aoun constitue ainsi la première d'un président libanais à Washington depuis 2009, alors qu'un accord avec Israël, parrainé par les États-Unis, entre dans sa première phase. À cette occasion, Donald J. Trump a annoncé, le mardi 21 juillet 2026, la reprise des vols commerciaux directs entre les États-Unis et le Liban, une première depuis 1985, peu après avoir reçu son homologue libanais dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche.
« Je donne instruction à mon administration d'autoriser toutes les compagnies aériennes américaines à assurer des vols directs vers le Liban, afin que les Américains puissent facilement visiter ce magnifique pays », a écrit le milliardaire républicain sur son réseau social Truth Social.
De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a qualifié cette décision d'« occasion majeure pour renforcer les voyages et les relations entre le Liban et les États-Unis, et pour soutenir l'économie libanaise ».
Donald Trump promet de soutenir le Liban
Pour clôturer cette visite de quatre jours dans la capitale américaine, le président républicain a affirmé vouloir « beaucoup aider » le Liban, qu'il a qualifié de « pays maltraité depuis longtemps », sans toutefois fournir de détails concrets sur cette aide.
Joseph Aoun, pour sa part, a remercié son hôte pour cette « visite historique et l'accomplissement historique réalisé ensemble avec la signature de l'accord-cadre », s'exprimant en anglais. Selon lui, l'« objectif ultime » de Donald Trump est de « mettre fin à l'état d'hostilités entre le Liban et Israël, pour toujours ».
Les retombées attendues par Beyrouth après la visite de Joseph Aoun à Washington
Le retrait des troupes israéliennes des vastes zones qu'elles occupent actuellement dans le sud du Liban constitue la principale attente de Beyrouth à l'issue de cette rencontre entre les deux chefs d'État. Le gouvernement libanais espère également obtenir un soutien accru à l'armée libanaise afin de lui permettre d'étendre son autorité sur les territoires autrefois contrôlés par le Hezbollah.
Selon la présidence libanaise, Joseph Aoun a insisté, lors de son entretien avec Donald Trump, sur « la nécessité urgente du retrait total d'Israël ». Le communiqué de la présidence précise qu'il s'agit d'« une étape fondamentale pour consolider la stabilité, permettre à l'État libanais d'étendre pleinement sa souveraineté et de poursuivre la mise en œuvre du cadre tripartite conjoint ».
Par ailleurs, Joseph Aoun a demandé à son homologue américain une aide substantielle en faveur des Forces armées libanaises (FAL), l'appelant à poursuivre son soutien à l'institution militaire.
« Sans les FAL, tout s'effondrera. Nous ne voulons pas cela. Je pense que le président Trump ne le souhaite pas non plus », a déclaré le président libanais.
En réponse, Donald Trump a affirmé avoir « des projets très concrets » pour soutenir l'armée libanaise.
De son côté, Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute, un centre de recherche basé à Washington et spécialisé dans la politique étrangère américaine au Proche-Orient, estime que Donald Trump « voudra sans doute obtenir de nouvelles preuves du sérieux des engagements de Joseph Aoun » concernant le désarmement du Hezbollah et la conclusion d'une paix durable avec Israël.
Qui est Joseph Aoun, le 14e président de la République du Liban ?
Ancien commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun a été élu 14e président de la République libanaise après plus de deux années de vacance présidentielle. Son élection a mis fin à un long blocage politique et a suscité l'espoir d'un retour à la stabilité dans un pays confronté à une profonde crise institutionnelle, économique et sécuritaire.
Âgé de 61 ans, marié et père de deux enfants, Joseph Aoun est réputé pour sa modestie, son honnêteté, son intégrité et sa simplicité, des qualités souvent mises en avant dans le paysage politique libanais.
Né le 10 janvier 1964 à Sin el-Fil, dans le caza du Metn, il est diplômé en sciences politiques et en sciences militaires. Il rejoint l'armée libanaise en 1983 en qualité d'élève-officier et gravit progressivement les échelons. Au cours de sa carrière, il suit plusieurs formations militaires au Liban et à l'étranger, notamment aux États-Unis, où il participe à des programmes spécialisés, dont certains en contre-terrorisme.
En 2015, il est nommé commandant de la 9e brigade déployée dans le sud du Liban avant de prendre la responsabilité du secteur est, à la frontière syrienne, où il supervise les opérations contre la menace représentée par le groupe État islamique.
Promu commandant en chef de l'armée libanaise le 8 mars 2017, Joseph Aoun est largement crédité d'avoir préservé l'une des rares institutions encore fonctionnelles du pays.
Élu président en janvier 2025 avec le soutien de plusieurs partenaires occidentaux, il s'est engagé à renforcer l'autorité de l'État et à désarmer le Hezbollah. Toutefois, le mouvement chiite pro-iranien, qui refuse de déposer les armes, a entraîné le Liban dans un nouveau conflit avec Israël au début du mois de mars 2026, en solidarité avec l'Iran.
Le Hezbollah et la question du retrait de l'armée israélienne
Le mardi 21 juillet 2026, devant la presse, le président américain Donald Trump s'est déclaré prêt à dialoguer directement avec le Hezbollah.
« Je peux parler avec tout le monde », a-t-il assuré, ajoutant que « si le président Joseph Aoun voulait que je parle avec le Hezbollah, je le ferais ».
Interrogé sur un éventuel retrait total de l'armée israélienne du Liban, le locataire de la Maison-Blanche s'est montré prudent, déclarant simplement : « Ils sont en train de le faire. Ils sont en train de se redéployer. »
De son côté, Joseph Aoun a affirmé à son homologue américain que sa « vision, c'est la paix et la stabilité », estimant qu'il s'agissait là de l'« héritage » que Donald Trump pourrait laisser au Moyen-Orient.
Sur le ton de la plaisanterie, le président américain a répondu : « Je suis bien d'accord avec ça », avant d'ajouter que son homologue libanais était un homme séduisant qui « sait comment s'y prendre avec lui ». « Maintenant, il peut tout obtenir », a-t-il lancé.
Cette première rencontre entre les deux chefs d'État intervient alors que Washington accentue la pression sur Beyrouth afin d'obtenir le désarmement du Hezbollah, une condition jugée indispensable par Israël pour procéder au retrait de ses forces du sud du Liban.
Pourquoi les vols directs entre les États-Unis et le Liban avaient-ils été suspendus ?
À l'issue de la rencontre, Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les États-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à « visiter ce magnifique pays ».
Cette suspension remontait à 1985, à la suite du détournement du vol TWA 847 par des membres du Hezbollah. L'appareil avait été immobilisé durant plusieurs jours et 39 passagers américains avaient été retenus en otage par des militants libanais chiites qui exigeaient la libération de centaines de prisonniers détenus en Israël.
Depuis lors, les tensions entre Israël et le Hezbollah ont provoqué plusieurs conflits meurtriers. Plus de 4 300 personnes ont notamment perdu la vie dans des frappes massives de l'armée israélienne, qui a également mené une offensive terrestre et maintient une présence militaire dans une partie du sud du Liban.
Depuis l'ouverture, en avril 2026, de négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv, sous médiation américaine, les violences ont toutefois diminué en intensité.
Les réactions politiques et médiatiques après la rencontre entre Trump et Aoun
À l'issue de cette rencontre, plusieurs responsables politiques et médias libanais ont exprimé des réactions contrastées.
Le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite, a estimé que le sommet organisé à la Maison-Blanche avait été « catastrophique ». Selon lui, « le président Aoun est rentré les mains vides ».
Il a également déclaré qu'« il n'y a pas de meilleure garantie pour le Liban que la sagesse, les accords de Aïn el-Tiné et le consensus national », faisant référence au président du Parlement libanais, Nabih Berry.
Dans un entretien accordé au quotidien Asharq Al-Awsat, Nabih Berry a, pour sa part, appelé à attendre les résultats concrets sur le terrain, notamment la consolidation du cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes, plutôt que de se limiter à l'image renvoyée par cette rencontre diplomatique.
Du côté de la presse libanaise, le quotidien arabophone Al-Akhbar, réputé proche du Hezbollah, a consacré sa une au conflit autour des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, reléguant la rencontre entre Joseph Aoun et Donald Trump à un simple titre : « Trump à Aoun : des prises de position sans engagement ».
À l'inverse, le quotidien An-Nahar a salué une « rencontre réussie » entre les deux dirigeants. De son côté, Nidaa Al-Watan a publié en une une photographie des deux chefs d'État tout sourire, accompagnée du titre : « L'homme libre et le leader du monde libre ».
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