En République dominicaine, la fracture sociale pèse lourdement sur la réussite scolaire, créant un gouffre allant jusqu’à 71 points entre les élèves les plus riches et les plus pauvres. Toutefois, les derniers résultats de l’étude PISA révèlent une réalité encore plus troublante : si la pauvreté aggrave le retard académique, la richesse est très loin d’être une garantie de succès.
Un profond fossé social en lecture
C’est dans la maîtrise de la langue que la fracture est la plus considérable, avec 70,7 points d’écart. Si 89,5 % des élèves pauvres n’atteignent pas le niveau de base, plus de la moitié des élèves aisés (55,4 %) sont tout autant en difficulté, très loin de la moyenne de l’OCDE (393 points contre 461).
La catastrophe en mathématiques
Le constat est quasi absolu chez les plus démunis, avec 97,4 % d’élèves sous le seuil minimal de compétence. Mais le privilège économique ne sauve rien : 76,8 % des élèves du quart supérieur échouent également. La moyenne nationale plafonne à 339 points, classant le pays parmi les plus mauvais élèves du monde.
Des sciences en crise
86,9 % des adolescents défavorisés manquent des bases scientifiques. Même chez les plus aisés, un élève sur deux n’atteint pas le niveau 2 de PISA. Avec un score de 406 points, l’élite dominicaine reste largement distancée par la moyenne de l’OCDE, fixée à 482 points.
Un problème qui dépasse la richesse
Le statut socio-économique n’explique que 10,4 % des variations de performance. Cela démontre que, si les inégalités aggravent les lacunes des plus pauvres, le système éducatif dominicain dans son ensemble échoue à former correctement sa jeunesse, indépendamment de son niveau de vie.
Compte tenu des résultats des tests PISA, cela ne sous-entend pas que la République dominicaine dispose de systèmes éducatifs parallèles, l’un performant pour les riches et l’autre défaillant pour les pauvres, mais bien d’un modèle unique confronté à une crise structurelle. Si l’argent permet de devancer ses concitoyens à l’intérieur des frontières, il ne protège plus les élèves de l’échec face aux standards mondiaux.
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