Dans son rapport final présenté au Conseil de sécurité, le Groupe d’experts sur Haïti dresse un tableau particulièrement préoccupant de la situation du pays. Malgré certaines avancées des forces de sécurité, les gangs demeurent capables de s’adapter, de déplacer leurs activités et de conserver une influence importante sur plusieurs territoires. 

 

Le rapport publié le mercredi 8 octobre 2026, pointe également les fragilités institutionnelles, les trafics et les réseaux qui contribuent à la persistance de la crise.

 

La période étudiée par le Groupe d’experts s’étend d’octobre 2025 à juillet 2026, avec des enquêtes menées jusqu’au 10 juillet. Le document, transmis au Conseil de sécurité le 3 septembre 2026, revient notamment sur l’évolution politique, la situation sécuritaire, les violations des droits humains, le trafic d’armes et de stupéfiants ainsi que les flux financiers illicites. L’ONU souligne que la période a été marquée par d’importantes tensions politiques avant le transfert de l’ensemble des pouvoirs exécutifs au Conseil des ministres, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

 

Sur le plan sécuritaire, le rapport reconnaît certaines avancées. Depuis décembre 2025, les opérations menées par les autorités haïtiennes auraient permis de contenir l’expansion des gangs à Port-au-Prince et de reprendre certaines zones, notamment dans le centre-ville, à Delmas et dans des secteurs avoisinants. Toutefois, ces gains demeurent fragiles. L’absence d’une stratégie nationale de sécurité, le manque de ressources et la persistance de liens entre certains acteurs et les groupes armés continuent, selon les experts, de limiter les résultats des opérations.

Le Groupe d’experts décrit également une réponse sécuritaire devenue particulièrement fragmentée. Face aux capacités limitées des institutions nationales, le pays s’appuie sur des acteurs internationaux, notamment la Force de répression des gangs et une société militaire privée étrangère.

 

Dans le même temps, les groupes de légitime défense, les sociétés de sécurité privées et d’autres structures armées occupent une place croissante dans le paysage sécuritaire. 

 

L’ONU avertit toutefois que certains de ces groupes sont eux-mêmes accusés de violations des droits humains ou d’activités criminelles.

Cette situation s’accompagne d’une expansion des activités criminelles. Les gangs continuent de tirer des revenus des enlèvements, de l’extorsion, des postes de contrôle illégaux et d’autres activités.

 

Parallèlement, le Groupe d’experts fait état de réseaux transnationaux actifs dans le trafic d’armes, de munitions et de drogues. Les enquêteurs ont également porté leur attention sur le commerce des civelles et sur d’autres activités économiques vulnérables à l’exploitation criminelle.

 

Au-delà des armes et des territoires, le rapport met surtout en évidence la complexité du problème haïtien. Les gangs ne sont pas présentés uniquement comme des groupes armés isolés, mais comme des organisations capables de s’insérer dans des réseaux économiques, politiques et sociaux plus larges.

 

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Pour l'ONU, une réponse durable ne peut donc pas se limiter à neutraliser certains chefs de gangs : elle doit également s’attaquer aux réseaux qui permettent à ces groupes de fonctionner.