Du 16 au 19 août 2026, le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a effectué une mission officielle en Haïti à la tête d’une délégation de haut niveau réunissant plusieurs partenaires régionaux et internationaux. Cette visite visait à manifester le soutien de la communauté internationale au peuple haïtien et aux institutions nationales, tout en renforçant la coordination autour des principaux défis auxquels le pays est confronté.

 

La délégation comprenait notamment la Secrétaire générale de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la Dre Carla Barnett. Elle est arrivée en Haïti à un moment particulièrement crucial, alors que les autorités haïtiennes et leurs partenaires s’efforcent de rétablir la sécurité, renforcer la gouvernance et les institutions, répondre aux besoins humanitaires urgents et faire avancer le processus électoral.

 

Une visite dans un contexte particulièrement sensible

 

Dimanche 16 août 2026, Albert R. Ramdin est arrivé en Haïti à la tête d’une importante délégation réunissant plusieurs partenaires régionaux et internationaux. Cette mission intervenait dans un contexte marqué par de graves enjeux de sécurité, une transition politique prolongée, des défis de gouvernance, la fragilité des institutions et les préparatifs en vue des prochaines élections.

 

Durant son séjour, le Secrétaire général de l’OEA a rencontré des autorités haïtiennes ainsi que plusieurs acteurs politiques et sociaux engagés dans la recherche de solutions à la crise que traverse le pays.

 

Les discussions ont notamment porté sur le processus électoral prévu à la fin de l’année 2026, conformément au calendrier publié par le Conseil électoral provisoire (CEP), ainsi que sur la coordination de l’aide internationale, la transition politique, la sécurité et le renforcement des institutions nationales.

 

Qui est Albert R. Ramdin ?

 

Le 7 mars 2025, Albert R. Ramdin a été élu Secrétaire général de l’Organisation des États américains lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale de l’OEA.

 

Son élection a marqué une étape historique dans l’histoire de l’organisation. Il est devenu le premier Secrétaire général de l’OEA issu d’un État membre de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).

 

Diplomate chevronné, Albert R. Ramdin dispose de plusieurs décennies d’expérience dans les affaires régionales et internationales. Il défend une approche fondée sur la coopération, le consensus, l’inclusivité, le développement durable, le renouveau démocratique et l’intégration régionale.

 

Son mandat de cinq ans a débuté le 26 mai 2025. En prenant ses fonctions, il s’est engagé à diriger un secrétariat « plus proche des gens », notamment en renforçant les ponts entre les différents acteurs au-delà des clivages politiques, sociaux et économiques.

 

Il a également affiché sa volonté de faire de l’OEA une institution plus agile, transparente et orientée vers les services, capable d’accompagner ses États membres face aux défis contemporains, notamment le changement climatique, la transformation numérique, les inégalités, les migrations et les menaces pesant sur la gouvernance démocratique.

 

Le dialogue au cœur de la mission

 

Le mois précédent sa visite, le Secrétaire général de l’OEA avait annoncé son intention de se rendre en Haïti afin de poursuivre les consultations avec les acteurs politiques et sociaux, les autorités nationales, les partenaires régionaux et la communauté internationale.

 

La présence d’Albert R. Ramdin s’inscrivait ainsi dans la volonté de l’OEA de renforcer son accompagnement du processus haïtien et d’identifier, avec les acteurs nationaux, les priorités et les actions concrètes à mettre en œuvre dans les mois à venir.

 

Les échanges ont principalement porté sur la sécurité, la stabilisation du pays, la transition politique, le renforcement des institutions et l’organisation des prochaines élections.

 

Une forte délégation pour renforcer la coordination internationale

 

Pour cette mission, le chef de l’OEA était accompagné de représentants de plusieurs institutions régionales et internationales dont l’expertise et les capacités peuvent contribuer aux efforts de redressement d’Haïti.

 

La délégation réunissait notamment des représentants des Nations unies, de la CARICOM, de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), ainsi que du Conseil interaméricain de défense et du Collège interaméricain de défense.

 

Cette mobilisation avait pour objectif de traduire la solidarité internationale en une coordination plus étroite et, surtout, en un soutien concret aux priorités définies par les acteurs haïtiens.

 

Sécurité, élections et gouvernance au cœur des discussions

 

Lors de sa mission, Albert R. Ramdin a rencontré le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, ainsi que d’autres hauts responsables du gouvernement haïtien et des représentants impliqués dans les questions de sécurité et d’organisation des élections.

 

Le Secrétaire général de l’OEA s’est également entretenu avec le Conseil électoral provisoire (CEP) au sujet des préparatifs du processus électoral.

 

Les questions liées à la sécurité ont également occupé une place importante dans les discussions. Des échanges ont notamment porté sur les efforts visant à rétablir l’autorité de l’État, renforcer la Police nationale d’Haïti (PNH) et mieux protéger la population.

 

La délégation a également rencontré plusieurs partenaires internationaux impliqués dans les efforts de stabilisation du pays.

 

Deux accords de coopération au programme

 

La mission d’Albert R. Ramdin a également été marquée par la signature de deux accords de coopération.

 

Le premier a été conclu avec le gouvernement du Japon. Il vise à établir un cadre de coopération économique mis en œuvre par l’OEA, notamment pour améliorer l’accès aux services sociaux essentiels en Haïti et contribuer au développement économique et social du pays.

 

Le second accord a été signé avec l’organisation brésilienne Viva Rio dans le cadre d’un projet de l’OEA consacré à l’inclusion sociale, à la cohésion sociale et à la lutte contre la violence des gangs.

 

Le Secrétaire général de l’OEA devait également rencontrer le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, la cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), Daniela Kroslak, ainsi que le représentant spécial pour la Force de répression des gangs (GSF), Jack Christofides, et le commandant de la force, le général de division Erdenebat Batsuuri.

 

La sécurité était également au cœur de la visite d’Albert R. Ramdin au quartier général de la Force de répression des gangs.

 

Cinq priorités pour Haïti

 

La mission de l’OEA s’est articulée autour de plusieurs priorités nationales :

 

Sécurité : rétablissement de l’ordre public et soutien au renforcement de la PNH et des forces de stabilisation.

 

Processus électoral : appui technique et logistique au retour à l’ordre constitutionnel et à l’organisation de scrutins démocratiques.

 

Renforcement institutionnel : consolidation de l’État de droit et relance du fonctionnement des institutions publiques.

 

Urgence humanitaire : réponse aux besoins immédiats des populations déplacées et affectées par la crise.

 

Développement durable : établissement des bases nécessaires à la reconstruction et à la relance économique à long terme.

 

« Haïti se trouve à un moment décisif »

 

Au cours de cette mission, le Secrétaire général de l’OEA a insisté sur la nécessité d’une mobilisation internationale mieux coordonnée autour des priorités haïtiennes.

 

« Haïti se trouve à un moment décisif. La responsabilité de l’avenir d’Haïti incombe avant tout au peuple haïtien, mais la communauté internationale a la responsabilité de se tenir à ses côtés, dans l’unité, avec un sentiment d’urgence et un soutien concret », a déclaré Albert R. Ramdin.

 

Il a ajouté : « Notre objectif, en venant ensemble en Haïti, n’est pas simplement de manifester notre solidarité, mais de continuer à renforcer la coordination et de contribuer à l’obtention de résultats concrets en matière de sécurité, d’élections, de renforcement institutionnel, de besoins humanitaires et de développement à long terme. »

 

Cette visite de quatre jours apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans l’accompagnement international du processus haïtien. Au-delà des déclarations de solidarité, la présence d’une délégation réunissant des organisations régionales et internationales traduit la volonté de renforcer la coordination autour des enjeux sécuritaires, institutionnels, électoraux, humanitaires et économiques.

 

Reste désormais à voir dans quelle mesure ces consultations et engagements pourront se traduire par des actions concrètes sur le terrain, alors qu’Haïti se trouve à un moment particulièrement déterminant de sa transition politique et de son processus électoral.