« Nou p ap vote vòlè ankò ». Cette expression est devenue virale sur les réseaux sociaux en Haïti en cette fin d'octobre 2026. Tout est parti d'une vidéo montrant une femme vêtue d'une robe blanche et coiffée d'un petit chapeau rouge, marchant dans la rue tout en répétant : « Nou p ap vote vòlè ankò ". Tout bourik fè filo. Mezi mò ki te leve anba tè, tout fè filo. Nou pa vote vòlè ankò ». Une séquence qui a rapidement trouvé un écho auprès de nombreux internautes.

 

Depuis, plusieurs jeunes reprennent ce slogan pour dénoncer les anciens responsables politiques, président, parlementaires et personnalités publiques qui, selon eux, n'ont pas répondu aux attentes de la population. Les critiques concernent notamment les promesses non tenues, les affaires de corruption et les liens présumés de certains dirigeants avec des groupes armés. Des journalistes accusés d'avoir soutenu aveuglément des responsables politiques sont également interpellés.

 

L'ancien président Michel Joseph Martelly figure particulièrement parmi les personnalités ciblées. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ressortent des images de projets réalisés ou annoncés sous son administration, entre 2011 et 2016. Le viaduc du carrefour de l'aéroport, les travaux de peinture dans le quartier de Jalouzi, à Pétion-Ville, ainsi que les interventions autour du Rex Théâtre alimentent les interrogations sur les coûts, la qualité et la gestion des fonds publics. Sans ignorer le dossier PetroCaribe qui a notamment révélé de graves irrégularités dans plusieurs projets, selon les audits de la Cour supérieure des comptes. 

 

Au-delà de Michel Martelly, cette mobilisation vise plus largement les personnalités ayant déjà exercé des responsabilités publiques. « Depi w te la, ou pa bay rezilta, nou p ap vote w », peut-on aussi lire dans plusieurs publications sur Tiktok. Un discours révoltant qui exprime la volonté des jeunes internautes de la nouvelle génération, de voir les candidats jugés sur leurs réalisations, leur gestion et leur parcours.

 

Alors qu'Haïti s'approche d'une nouvelle étape électorale, ce slogan remet au centre du débat la question de la responsabilité politique. Au-delà de sa viralité, des observateurs le considèrent comme une exigence de transparence, de résultats et de reddition de comptes.

 

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Reste à savoir si cette mobilisation numérique se traduira dans les urnes et influencera la manière dont les électeurs évalueront les candidats aux prochaines élections, prévue pour le 18 juillet 2027.