Le président américain Donald Trump a surpris son allié sud-coréen en annonçant le dimanche août 2026, sur son réseau Truth Social, une réduction « considérable » de la participation des États-Unis à des manœuvres annuelles destinées à simuler des combats contre des troupes de Pyongyang.
Le président Donald Trump envisage par ailleurs une rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong-un en novembre prochain, lors d’un sommet de l’APEC à Shenzhen, en Chine. En prenant cette décision, le milliardaire semble lâcher ses alliés sud-coréens pour se rapprocher de son « ennemi » nord-coréen. Le Japon plaide, de son côté, pour une relation trilatérale solide avec les États-Unis et la Corée du Sud.
Le 20 août 2026, selon l’Agence France-Presse (AFP), des soldats sud-coréens ont brandi leurs armes lors d’un exercice de défense civile destiné à faire face à d’éventuelles attaques d’artillerie de la Corée du Nord, dans un abri, en marge d’un important exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis, baptisé « Ulchi Freedom Shield ».
Après l’écourtement de ces exercices annuels, un responsable militaire a indiqué à l’AFP que les manœuvres conjointes entre les armées sud-coréenne et américaine s’étaient terminées vendredi. Selon un responsable de l’armée sud-coréenne, les exercices, décrits par le président américain comme « hostiles » envers la Corée du Nord, « sont terminés ». Ils devaient initialement se poursuivre jusqu’au 27 août.
Kim Yo Jong, influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a estimé jeudi que la Corée du Sud recueillait « ce qu’elle mérite » après la décision des États-Unis de réduire leur participation à ces vastes manœuvres militaires conjointes.
Une annonce inattendue de Donald Trump sur Truth Social
Dimanche 16 août 2026, le locataire de la Maison-Blanche avait pris son proche allié sud-coréen de court en estimant que ces exercices annuels adressaient « un signal totalement inapproprié et hostile » à la Corée du Nord.
Il s’agit d’un virage qui s’ajoute à la longue liste des camouflets infligés à des alliés historiques des États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, sous son second mandat.
Pour justifier sa décision, après avoir évoqué sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, le président républicain avait annoncé une réduction « considérable » de la participation américaine à ces manœuvres annuelles destinées à simuler des combats contre des troupes de Pyongyang.
Mercredi, le 45e et 47e président des États-Unis a affirmé à des journalistes à la Maison-Blanche qu’il prévoyait de rencontrer le dirigeant nord-coréen cette année.
Une surprise totale pour Séoul
Il aura suffi d’un message de Donald Trump sur son réseau social pour mettre à mal plus de 70 ans d’alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis. Alors que les exercices militaires devaient commencer lundi 17 août, quelques heures seulement avant leur lancement, le président américain a dénoncé leur mise en œuvre.
Même le Pentagone a assuré mercredi que ces ajustements « préservent les objectifs essentiels en matière de préparation et d’entraînement ». Malgré cela, les décisions américaines constituent un coup de massue pour Séoul.
Auditionnés ce jour-là devant une commission du Parlement, le chef de la diplomatie sud-coréenne et le ministre de la Défense ont admis que, tout comme le gouvernement de Séoul, ils avaient appris la décision de Donald Trump en début de semaine et par surprise, via les réseaux sociaux.
« Ni notre gouvernement ni les représentants du gouvernement américain n’étaient au courant à l’avance de ce que le président Trump a révélé sur Truth Social cette fois-ci. Par conséquent, nous n’avons pas été avertis à l’avance non plus », a résumé le ministre sud-coréen des Affaires étrangères.
Pour Séoul, il s’agit d’une double mauvaise surprise. La décision intervient également à un moment stratégique pour la Corée du Sud. Lors de ces manœuvres devait être testé un transfert du commandement opérationnel en temps de guerre entre les États-Unis et la Corée du Sud, avec un officier supérieur sud-coréen appelé à remplacer un général américain, comme c’est le cas jusqu’à présent.
La durée plus courte des manœuvres inquiète donc Séoul, car elle pourrait ne pas permettre d’évaluer correctement si ce transfert est possible.
La Corée du Sud rassure son voisin après la décision américaine
Les manœuvres militaires annuelles menées avec les États-Unis ne visaient pas à « attaquer » la Corée du Nord, a assuré la présidence sud-coréenne mardi 18 août 2026, après l’annonce par Donald Trump d’une réduction de la participation américaine. Selon le président américain, ces exercices adressaient « un signal totalement inapproprié et hostile » à Pyongyang.
De son côté, le Japon a insisté sur la nécessité de conserver un front uni entre les alliés, soulignant que la coopération trilatérale avec les États-Unis et la Corée du Sud était « primordiale pour la paix et la stabilité de la région ».
L’objectif principal des manœuvres selon le président sud-coréen
Mardi, le président sud-coréen Lee Jae Myung, selon ses services, a affirmé que l’objectif fondamental de ces manœuvres n’était pourtant pas de « traiter une entité spécifique comme un adversaire, mais de préserver, en sécurité et en paix, les vies quotidiennes de la population ».
À son arrivée au pouvoir en 2025, le dirigeant sud-coréen a pris le contrepied de son prédécesseur, réputé très ferme, en proposant des pourparlers sans condition au Nord. Mais, à ce stade, Pyongyang n’a pas répondu.
Par ailleurs, selon un communiqué de la présidence sud-coréenne, dans ce contexte d’ouverture diplomatique, Lee Jae Myung devait rencontrer jeudi à Séoul le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, la Chine étant le principal allié de Pyongyang.
Ainsi, le chef de l’État sud-coréen devait « discuter de l’orientation future des relations entre la Corée du Sud et la Chine ainsi que de la situation régionale ». Toutefois, interrogé par les journalistes au sujet de cette visite, le ministère chinois des Affaires étrangères a refusé de confirmer tout projet.
Le lancement des exercices sur fond de tensions régionales
Sur le plan statistique, ces exercices mobilisent généralement 18 000 militaires sud-coréens ainsi que des effectifs américains, alors que quelque 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud.
Lancée lundi, la série d’exercices devait durer onze jours et être placée sous le signe de l’expérience acquise par les forces nord-coréennes aux côtés des Russes dans la guerre en Ukraine.
Selon Séoul, les manœuvres avaient commencé « comme prévu », alors que les autorités sud-coréennes espéraient que l’entente personnelle entre MM. Trump et Kim conduirait à un « dialogue constructif » propice aux négociations.
Les deux dirigeants s’étaient déjà rencontrés sous le premier mandat de Donald Trump. Des discussions entre le président américain et le dirigeant nord-coréen avaient notamment échoué en 2019, en raison de désaccords sur la dénucléarisation, que le Nord rejette sans conditions, et sur la levée des sanctions imposées à Pyongyang, qui dispose de l’arme nucléaire et multiplie les essais de missiles.
Aucune réaction officielle de Pyongyang, mais une dénonciation de la KCNA
Alors que l’exercice « Ulchi Freedom Shield », qui a débuté le 17 août, devait initialement durer onze jours, il s’est terminé vendredi 21 août, soit plusieurs jours avant le calendrier prévu.
La Corée du Nord n’a pas officiellement réagi à la décision américaine. L’agence de presse officielle KCNA s’est toutefois contentée, mercredi matin, de dénoncer une nouvelle fois les exercices militaires de Washington et de Séoul, qu’elle présente comme constituant « la menace la plus immédiate et la plus franche » pour la Corée du Nord ainsi que pour la « sécurité régionale ».
En raison de son important soutien militaire à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, Pyongyang semble plutôt se concentrer sur ses relations avec Moscou. Rien ne permet pour l’instant de savoir si Kim Jong-un répondra aux appels du pied de Donald Trump.
Séoul s’oppose à la reconnaissance de la Corée du Nord comme puissance nucléaire
Le président américain a également souligné l’importance de « bien s’entendre » avec le dirigeant nord-coréen, précisant que Pyongyang disposait désormais de 57 armes nucléaires « très puissantes ».
De son côté, Séoul estime que Pyongyang détient entre 80 et 120 armes nucléaires.
Ahn Gyu-back, ministre sud-coréen de la Défense, a déclaré que Séoul restait opposé à la reconnaissance de la Corée du Nord en tant qu’État doté de l’arme nucléaire. Interrogé ensuite sur la question de savoir si Washington avait « renoncé » à la dénucléarisation de la Corée du Nord, le ministre a répondu qu’il ne le pensait pas.
Donald Trump souhaite organiser une rencontre avec Kim Jong-un
Selon le « Wall Street Journal », le président américain a demandé à ses conseillers de redoubler d’efforts pour organiser une rencontre avec le président nord-coréen. Il souhaiterait, si possible, tenir cette rencontre dès cet automne, en tête-à-tête, lors de la réunion de l’APEC, qui se tiendra en novembre prochain à Shenzhen, en Chine.
Mais le leader nord-coréen reste profondément marqué par son deuxième sommet avec Donald Trump, au Vietnam. Il en était revenu sans accord sur la question nucléaire, ce qui demeure une plaie ouverte pour l’exécutif nord-coréen.
Références
- L’Orient-Le Jour, « Fin des manœuvres conjointes écourtées entre Corée du Sud et États-Unis », consulté le samedi 22 août 2026.
- Noovo, « La Corée du Sud rassure la Corée du Nord sur ses exercices militaires avec les États-Unis », consulté le samedi 22 août 2026.
- Les Échos, « Corée du Sud : les exercices militaires conjoints avec Washington écourtés de moitié », consulté le samedi 22 août 2026.
- Huffington Post, « Trump veut “réduire” les exercices conjoints avec la Corée du Sud, de quoi s’agit-il ? », consulté le samedi 22 août 2026.
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