Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a annoncé dimanche 9 août 2026 le rejet par Israël de la dernière feuille de route américaine concernant Gaza, pourtant acceptée par le Hamas. Cette décision intervient alors que Washington tente de faire avancer la deuxième phase de son plan de paix pour le territoire palestinien.
Le gouvernement israélien affirme qu’aucun retrait de ses forces de la bande de Gaza ne sera effectué tant que le Hamas ne sera pas complètement désarmé. Cette position risque d’accentuer les divergences entre le Premier ministre israélien et le président américain Donald Trump, alors que les négociations sur l’avenir de Gaza restent bloquées.
Nétanyahou refuse un retrait avant le désarmement du Hamas
Dans une déclaration rapportée dimanche, Benjamin Nétanyahou a confirmé le rejet du document présenté à la fin du mois de juillet par le « Conseil de la paix » mis en place sous l’égide de Donald Trump. Le Premier ministre israélien a insisté sur le fait que l’armée israélienne ne quitterait pas Gaza avant un désarmement qu’il juge complet et effectif du Hamas.
Le haut représentant du « Conseil de paix » pour Gaza, Nikolaï Mladenov, défend pour sa part le plan américain comme la voie permettant d’éviter une nouvelle attaque comparable à celle du 7 octobre 2023. Lors d’un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 12, il a estimé que la proposition constituait « la seule voie à suivre » pour empêcher qu’une telle tragédie ne se reproduise.
Selon Mladenov, les discussions avec Israël se poursuivent. Il affirme qu’un retrait israélien pourrait intervenir après un véritable désarmement du Hamas, alors que les autorités israéliennes réclament des garanties sur la disparition de l’arsenal du mouvement palestinien.
Le Hamas demande à Washington d’intervenir
Le rejet israélien a immédiatement suscité une réaction du Hamas. Un responsable du mouvement palestinien, cité par l’Agence France-Presse (AFP), a appelé dimanche Washington et les médiateurs à exercer des pressions sur Benjamin Nétanyahou afin qu’il revienne sur sa décision.
« Nous attendons des médiateurs et du garant américain qu'ils fassent pression sur Nétanyahou et son gouvernement afin qu'ils respectent la feuille de route et n'entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale », a déclaré ce responsable.
La veille, un autre responsable du Hamas avait affirmé à l’AFP que le mouvement restait disposé à mettre en œuvre le plan soutenu par les États-Unis. Selon lui, le Hamas et les autres factions palestiniennes avaient confirmé aux médiateurs leur volonté d’avancer vers la deuxième phase, à condition qu’Israël donne son accord et commence à appliquer les dispositions prévues.
Le principal point de blocage demeure toutefois le désarmement du Hamas et le calendrier du retrait des forces israéliennes.
Des opérations militaires toujours signalées à Gaza
Malgré les discussions diplomatiques, la situation sécuritaire demeure tendue dans la bande de Gaza. Les opérations israéliennes n’ont pas complètement cessé et des incidents continuent d’être signalés.
Selon la Défense civile de Gaza, des tirs ont notamment blessé un enfant dimanche, lequel a été hospitalisé à Khan Younès, dans le sud du territoire.
Le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, affirme que les opérations israéliennes ont fait 1 258 morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Ces chiffres, régulièrement cités par les Nations unies, restent fournis par les autorités sanitaires de Gaza. De son côté, l’armée israélienne fait état de cinq militaires tués durant cette même période, ainsi que d’un employé civil sous contrat.
Des tensions croissantes au sein du gouvernement israélien
Le rejet du plan américain intervient également dans un contexte politique délicat pour Benjamin Nétanyahou. À l’approche des élections législatives prévues le 27 octobre, le Premier ministre doit composer avec les pressions exercées par ses alliés d’extrême droite, particulièrement hostiles à toute concession concernant le Hamas.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait notamment qualifié la proposition américaine d’« inacceptable ». Il avait également estimé que l’arrêt des combats contre le Hamas risquait de permettre au mouvement de préparer une nouvelle attaque.
Le plan américain prévoit pourtant un processus progressif dans lequel le désarmement du Hamas doit être associé à un retrait graduel des forces israéliennes. Le mécanisme proposé confie notamment au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure palestinienne à caractère technocratique, un rôle dans la gestion et le stockage des armes du Hamas.
Cette disposition se heurte toutefois aux exigences israéliennes. Benjamin Nétanyahou affirme vouloir obtenir la disparition de l’ensemble des armes du Hamas et refuse ce qu’il qualifie de « désarmement fictif ».
L’Égypte appelle les parties à respecter leurs engagements
L’Égypte, qui joue un rôle important dans les négociations, a également réagi à l’impasse actuelle. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est entretenu avec Nikolaï Mladenov dimanche et a appelé les différentes parties à respecter leurs engagements.
Le Caire a également exhorté les protagonistes à éviter toute action susceptible de compromettre les avancées réalisées dans le cadre des négociations.
Le Hamas défend de son côté l’idée d’un désarmement progressif, tandis qu’Israël réclame un désarmement total avant tout retrait militaire. Cette divergence constitue l’un des principaux obstacles à la mise en œuvre de la deuxième phase du plan américain.
Trump et Nétanyahou désormais confrontés à un désaccord public
Le rejet israélien pourrait également compliquer davantage les relations entre Donald Trump et Benjamin Nétanyahou. Les deux dirigeants ont entretenu une relation étroite sur plusieurs dossiers régionaux, mais leurs divergences concernant Gaza deviennent de plus en plus visibles.
Selon The New York Times, le désaccord public sur le plan américain constitue un épisode rare dans leurs relations, marquées jusque-là par une proximité politique importante mais également par plusieurs périodes de tensions.
Après l’annonce, fin juillet, de l’accord accepté par le Hamas, le gouvernement israélien avait déjà exprimé des réserves, estimant que le cadre proposé ne correspondait pas entièrement aux positions d’Israël. Le rejet explicite annoncé dimanche marque donc une nouvelle étape dans ce différend.
Pour certains observateurs, Benjamin Nétanyahou prend ainsi le risque d’affaiblir davantage ses relations avec Washington au moment où le soutien américain à Israël fait l’objet de débats croissants.
Un plan américain confronté à des résistances politiques
La question de l’opinion publique américaine constitue également un élément important dans cette équation. Selon une enquête du Pew Research Center publiée en juillet, la proportion d’Américains ayant une opinion favorable d’Israël a diminué par rapport aux années précédentes, tandis qu’une majorité se montre désormais critique envers le gouvernement israélien.
En Israël, le plan américain apparaît également contesté dans une partie de l’électorat de droite. À l’approche des élections du 27 octobre, Benjamin Nétanyahou doit donc trouver un équilibre entre les exigences de Washington, les négociations internationales et les positions de ses partenaires politiques.
Pour Nikolaï Mladenov, la priorité demeure néanmoins la mise en œuvre du processus prévu par le plan américain. Il assure que le retrait israélien pourrait intervenir une fois le Hamas véritablement désarmé.
Le rejet annoncé par Benjamin Nétanyahou laisse ainsi planer de nouvelles incertitudes sur l’avenir du cessez-le-feu et sur la possibilité d’engager effectivement la deuxième phase du processus de paix à Gaza. Alors que les médiateurs poursuivent leurs efforts, la question demeure désormais de savoir si Washington parviendra à rapprocher les positions israéliennes et palestiniennes ou si le désaccord actuel risque de faire dérailler le processus.
Références
- "Le Monde — « Israël rejette le plan américain pour Gaza accepté par le Hamas, annonce Benyamin Nétanyahou »" (https://reference-url-citation.invalid/0), consulté le 10 août 2026.
- "Les Échos — « Israël rejette le plan de paix de Donald Trump à Gaza »" (https://reference-url-citation.invalid/1), consulté le 10 août 2026.
- "Le Devoir — « Israël rejette le plan américain pour Gaza, accepté par le Hamas »" (https://reference-url-citation.invalid/2), consulté le 10 août 2026.
- "RTBF — « Israël rejette le plan américain pour Gaza accepté par le Hamas »" (https://reference-url-citation.invalid/3), consulté le 10 août 2026.
- "Courrier international — « Nétanyahou rejette le plan de Trump pour Gaza, au risque de s’aliéner Washington »" (https://reference-url-citation.invalid/4), consulté le 10 août 2026.
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