Annoncé le 28 août 2026, l’accord pétrolier entre Washington et Caracas continue de produire ses effets. Après la signature de nouveaux partenariats avec Chevron, Eni et GE Vernova, puis avec TotalEnergies, le rapprochement entre les deux pays s’est poursuivi cette semaine à New York, où Donald Trump et Delcy Rodríguez se sont rencontrés pour la première fois depuis l’arrivée de cette dernière à la tête du Venezuela.

 

Le 28 août dernier, les États-Unis et le Venezuela ont annoncé un accord pétrolier présenté par Donald Trump comme le « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale ». Le projet porte sur 17 champs représentant environ 65 milliards de barils de réserves prouvées. Washington affirme avoir obtenu une position majoritaire dans la structure privée chargée de leur développement, tandis que Caracas maintient que les ressources naturelles restent la propriété du Venezuela. Delcy Rodríguez a, de son côté, annoncé un programme susceptible d’attirer plus de 100 milliards de dollars d’investissements et de générer environ 209 milliards de dollars de recettes pour l’État vénézuélien sur 25 ans.

 

Les modalités de l'opération restent particulièrement importantes. Selon les informations publiées par Washington, une nouvelle société privée, North American Blue Energy Partners, doit exploiter les 17 champs concernés. Les autorités américaines affirment disposer de droits de gouvernance, d'une participation économique et d'un accès privilégié à la production. Les concessions accordées à cette structure peuvent aller jusqu'à 100 ans.

 

Cette disposition ne doit toutefois pas être confondue avec la durée de 25 ans annoncée par Delcy Rodríguez pour l'accord énergétique entre les deux pays. Caracas insiste par ailleurs sur le maintien de sa souveraineté et de la propriété de ses ressources naturelles.

 

La mise en œuvre du rapprochement énergétique s'est accélérée dès le 2 septembre. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, s'est rendu à Caracas pour superviser la signature de nouveaux accords avec Chevron, Eni et GE Vernova. Ces ententes sont distinctes du grand accord américano-vénézuélien du 28 août, mais elles s'inscrivent dans la même stratégie de relance du secteur énergétique.

 

Chevron a notamment annoncé un programme d'investissement de plus de 7 milliards de dollars sur cinq ans et prévoit de porter sa production au Venezuela à environ 600 000 barils par jour, soit plus du double de son niveau de 2026.

 

Le mouvement s'est également étendu à d'autres groupes internationaux. Le 19 septembre, la compagnie française TotalEnergies a signé avec la compagnie publique vénézuélienne PDVSA un protocole d'accord destiné à établir un cadre de coopération stratégique dans le secteur des hydrocarbures. Les détails financiers et techniques de cette entente n'ont pas été rendus publics, mais l'accord confirme l'intérêt croissant des grandes entreprises internationales pour le redémarrage du secteur pétrolier et gazier vénézuélien. Des accords ont également été annoncés avec Halliburton et des entreprises brésiliennes pour l'évaluation et le développement de ressources énergétiques.

 

La question de la production reste néanmoins centrale. Le Venezuela dispose des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, mais son industrie a été fortement affectée par des années de sous-investissement et de dégradation des infrastructures. Les nouveaux projets nécessiteront donc des investissements considérables et du temps avant de produire pleinement leurs effets. Chevron estime pouvoir atteindre environ 600 000 barils par jour dans ses propres activités au terme de son programme de cinq ans, tandis que les projets liés au nouvel accord américano-vénézuélien visent une augmentation beaucoup plus importante de la production à moyen terme. Les effets immédiats sur les prix de l'essence aux États-Unis restent ainsi limités, puisque l'augmentation de l'offre vénézuélienne prendra du temps.

 

Le rapprochement s'est poursuivi à New York à l'occasion de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Le 22 septembre, Donald Trump et Delcy Rodríguez ont tenu leur première rencontre en personne depuis l'opération américaine qui avait conduit à l'arrestation de Nicolás Maduro en janvier.

 

La réunion, organisée en marge de l'Assemblée générale, s'est déroulée à huis clos en présence notamment du secrétaire d'État américain Marco Rubio et du secrétaire au Trésor Scott Bessent. Selon Rodríguez, les discussions ont porté sur le renforcement des relations bilatérales et sur la coopération dans les secteurs de l'énergie, des mines et de la sécurité.

 

Au lendemain de cette rencontre, Marco Rubio a indiqué que Donald Trump et Delcy Rodríguez avaient également abordé la question de la dette vénézuélienne. Selon le chef de la diplomatie américaine, la restructuration de cette dette constitue un élément important pour la relance économique du pays.

 

Les obligations du gouvernement vénézuélien et de PDVSA en défaut représentent environ 60 milliards de dollars, tandis que les engagements totaux pourraient dépasser 150 milliards de dollars en tenant compte des intérêts accumulés, des réclamations et des décisions arbitrales. Caracas cherche parallèlement à obtenir des financements auprès des institutions internationales pour accompagner sa reconstruction économique.

 

Le 23 septembre, Delcy Rodríguez s'est également adressée pour la première fois à l'Assemblée générale de l'ONU depuis son arrivée à la tête du Venezuela. Elle a affirmé que le pays était en train de « renaître » après les bouleversements de 2026 et a remercié Donald Trump pour sa volonté de renouer les relations avec Caracas. Dans le même temps, la dirigeante vénézuélienne a déclaré que son gouvernement souhaitait reconstruire le pays et privilégier le dialogue.

 

Cette présence à l'ONU intervient dans un contexte de rapprochement accéléré avec Washington, marqué par les accords énergétiques et par les discussions sur la dette, les investissements et les relations diplomatiques.

 

L'accord pétrolier du 28 août apparaît ainsi moins comme un événement isolé que comme le point de départ d'une transformation plus large des relations entre les États-Unis et le Venezuela. Depuis son annonce, plusieurs compagnies internationales ont engagé ou renforcé leurs activités dans le pays, Washington et Caracas ont intensifié leurs contacts diplomatiques et la question de la dette est désormais intégrée aux discussions économiques.

 

Pour le Venezuela, l'enjeu est de convertir ses immenses réserves pétrolières en investissements, en production et en recettes publiques. Pour les États-Unis, le projet représente un moyen d'accroître leur présence dans le secteur énergétique vénézuélien. La capacité de ces engagements à produire rapidement des résultats dépendra toutefois de la modernisation des infrastructures, du financement des projets et de l'évolution du cadre politique et juridique du pays.

 

 

RÉFÉRENCES

 

https://www.bfmtv.com › les États-Unis et le Venezuela annoncent la signature d'un accord pétrolier/consulté le mardi 22 septembre 2026.

 

https://ici.radio-canada.ca › Les États-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier « historique »/consulté le mardi 22 septembre 2026.

 

https://www.lapresse.ca › Venezuela | L'armée approuve l'accord pétrolier avec les États-Unis/consulté le mardi 22 septembre 2026.

 

https://information.tv5monde.com › Venezuela: que contient l'accord pétrolier "historique" signé avec les États-Unis ?/consulté le mardi 22 septembre 2026.