L’écrivain haïtiano-canadien Dany Laferrière, membre de l’Académie française, était l’invité du Campus Henry Christophe de Limonade (CHCL), le mercredi 22 juillet 2026, à partir de 10 heures. Devant un auditorium rempli d’étudiants, d’enseignants et d’amoureux de la littérature, il a partagé son parcours, sa vision de l’écriture et ses souvenirs d’Haïti lors d’une conférence animée par Madame Darline Alexis.
Un auditorium comblé pour accueillir l’académicien
Dès les premières heures de la matinée, les étudiants affluaient vers l’auditorium du Campus Henry Christophe de Limonade afin de prendre part à cette rencontre exceptionnelle. Les professeurs, invités d’honneur, occupaient les places qui leur étaient réservées, tandis que l’espace se remplissait progressivement.
L’engouement était tel que l’auditorium s’est rapidement retrouvé plein à craquer. De nombreux étudiants ont dû suivre la conférence debout, faute de places disponibles, témoignant de l’intérêt suscité par la venue de l’un des écrivains haïtiens les plus influents de sa génération.
Le parcours d’un écrivain entre Haïti et l’exil
Avant la prise de parole de Dany Laferrière, une vidéo biographique a retracé les grandes étapes de sa vie. Né à Port-au-Prince, il passe une partie de son enfance à Petit-Goâve avant de revenir dans la capitale. Il débute sa carrière journalistique dans les rédactions du Petit Samedi Soir et de Radio Haïti-Inter.
À la suite de l’assassinat de son ami journaliste Gasner Raymond, sous le régime des Duvalier, il est contraint de quitter Haïti pour s’exiler à Montréal, puis aux États-Unis, avant de revenir s’établir au Canada avec sa famille. Ce parcours d’exil, de mémoire et de reconstruction constitue une source majeure de son œuvre littéraire.
L’écriture comme mémoire du quotidien
Au cours de son intervention, Dany Laferrière est revenu sur plusieurs passages de ses ouvrages afin d’en expliquer le contexte et la portée. À travers ces récits, le public a découvert les réalités qui ont nourri son écriture, mais aussi sa manière singulière de transformer les souvenirs en littérature.

L’auteur a notamment évoqué un enseignement reçu de sa grand-mère : l’habitude d’offrir une tasse de café aux passants. Plus qu’un simple geste d’hospitalité, cette pratique représentait, selon lui, une véritable forme de sociabilité permettant d’échanger des nouvelles, de renforcer les liens entre voisins et de maintenir la vie communautaire. Il a toutefois regretté que cette tradition tende aujourd’hui à disparaître dans la société haïtienne.
Une conférence interactive
La deuxième partie de la rencontre a pris la forme d’un entretien animé par Madame Darline Alexis. Après une série de questions portant sur son parcours, son œuvre et sa conception de la littérature, la parole a été donnée au public.
Étudiants et enseignants ont saisi cette occasion pour dialoguer directement avec l’écrivain. Les échanges, ponctués d’humour, de réflexions et d’anecdotes, ont créé une atmosphère conviviale où l’apprentissage se mêlait au plaisir de la discussion.
Une rencontre marquante
La conférence s’est achevée par une séance de photographies, permettant aux participants de conserver un souvenir de cette rencontre avec l’académicien.
Par sa simplicité, son sens du récit et sa proximité avec le public, Dany Laferrière a rappelé que la littérature ne se limite pas aux livres : elle naît aussi de l’observation du quotidien, de la mémoire collective et des expériences humaines. Cette visite au Campus Henry Christophe de Limonade restera comme un moment fort de la vie universitaire, illustrant le rôle que peuvent jouer les écrivains dans la transmission de la culture, de l’histoire et de la pensée critique
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