L’Afrique est confrontée à une multitude de conflits armés depuis près de trois décennies, dont les origines, les acteurs et les enjeux varient considérablement d’un pays à l’autre. Guerres civiles, rébellions, insurrections jihadistes, tensions communautaires et luttes pour le contrôle des territoires ou des ressources se superposent dans plusieurs régions du continent. Ces crises provoquent des déplacements massifs de populations, des pertes humaines considérables et de profondes conséquences économiques et sociales, fragilisant durablement la stabilité de nombreux États africains.

 

 

Dans la région des Grands Lacs, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure l’un des principaux foyers d’instabilité. Le conflit implique notamment le M23, mais aussi de nombreux autres groupes armés. Les tensions communautaires, l’histoire des guerres régionales, les rivalités entre pays voisins et la question du contrôle des ressources naturelles figurent parmi les principaux facteurs qui alimentent cette crise. Depuis plusieurs décennies, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont régulièrement confrontées aux violences et aux déplacements forcés.

 

Au Sahel et dans le bassin du lac Tchad, la progression des groupes jihadistes constitue une autre grande source d’insécurité. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont particulièrement touchés par les activités de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Plus à l’ouest, le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad font face à l’insurrection de Boko Haram et de l’ISWAP.

 

La faiblesse de l’État dans certaines zones, la pauvreté, les tensions communautaires, la porosité des frontières et l'absence de perspectives favorisent la persistance de ces violences.

 

Dans la Corne de l’Afrique, la Somalie reste confrontée à l’insurrection d’Al-Shabaab, tandis que d’autres pays de la région connaissent également des tensions politiques et communautaires. En Éthiopie, les conflits et affrontements internes ont profondément marqué le pays ces dernières années. Au Soudan du Sud, les rivalités politiques et communautaires continuent également de fragiliser la jeune nation. 

 

Dans cette partie du continent, les conflits sont souvent liés à la faiblesse des institutions, aux rivalités pour le pouvoir, aux questions territoriales et aux tensions entre communautés.

 

Par ailleurs au Soudan, la confrontation entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide a transformé le pays en l’un des principaux théâtres de guerre du continent. Déclenché par une lutte pour le pouvoir entre les deux forces militaires, le conflit s’est progressivement étendu et a provoqué une catastrophe humanitaire majeure. La crise s’inscrit également dans une histoire plus ancienne de tensions politiques, ethniques et territoriales, notamment au Darfour.

 

Le Soudan illustre comment une lutte politique peut rapidement se transformer en guerre généralisée.

 

D’autres foyers de violence existent également en Afrique, notamment dans les régions anglophones du Cameroun, où des groupes séparatistes affrontent les forces gouvernementales, et dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, confrontée à une insurrection jihadiste. La Libye reste, pour sa part, marquée par la fragmentation politique et la présence de groupes armés depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Un sombre tableau qui montre que les conflits africains ne répondent pas à un modèle unique : certains sont politiques, d’autres communautaires, séparatistes, religieux ou liés aux ressources.

 

Derrière cette diversité de conflits se retrouvent néanmoins plusieurs facteurs communs : fragilité des institutions, pauvreté, marginalisation de certaines populations, rivalités politiques, tensions communautaires, circulation des armes, contrôle des ressources naturelles et interventions d’acteurs extérieurs. Mais pour comprendre réellement ces crises, il faut aller au-delà des chiffres et des images de guerre. Chaque conflit possède une histoire, des acteurs et des enjeux spécifiques.

 

 

Top Média Haïti consacre, cette semaine du 14 au 21 septembre 2026, une série d’articles à chacun de ces foyers de tension afin d’en expliquer les origines, les principaux acteurs, l’évolution, les conséquences et les enjeux géopolitiques.

 

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