La 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies se poursuit à New York, où les dirigeants du monde exposent depuis le 22 septembre leurs positions sur les principales crises internationales. Jusqu’au 28 septembre, quelque 130 chefs d’État et de gouvernement doivent prendre la parole dans le cadre du débat général. Cette édition se déroule sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », alors que l’organisation est confrontée à plusieurs conflits armés, à des tensions géopolitiques et à des interrogations sur l’efficacité du multilatéralisme.
Gaza et le Moyen-Orient au cœur des préoccupations
Le conflit au Moyen-Orient constitue l’un des principaux dossiers de cette semaine diplomatique. Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général António Guterres a appelé à la fin des combats dans la région, à l’acheminement de l’aide humanitaire et au respect du droit international. Concernant Gaza et la Cisjordanie, il a réaffirmé son soutien à une solution à deux États et appelé à préserver la possibilité de créer un État palestinien viable. Lors d’une réunion consacrée à cette question, il a notamment dénoncé l’expansion des colonies israéliennes et les déplacements de populations palestiniennes.
Washington et Téhéran affichent leurs divergences
Par ailleurs, la confrontation entre les États-Unis et l’Iran a également occupé une place centrale dans les déclarations. Après le discours du président américain Donald Trump, qui a adopté un ton particulièrement ferme à l’égard de Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a répondu mercredi à la tribune de l’ONU. Il a affirmé que son pays ne céderait pas aux pressions américaines tout en laissant ouverte la possibilité du dialogue. Les déclarations des deux dirigeants illustrent les profondes divergences entre Washington et Téhéran alors que la crise régionale demeure l’un des principaux sujets de préoccupation des diplomates réunis à New York.
Ukraine : les appels à maintenir la pression sur Moscou
La guerre en Ukraine reste l’autre grande crise militaire au centre des débats. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a appelé mercredi les États à maintenir la pression sur la Russie et à poursuivre les efforts visant à mettre fin au conflit. Il a également averti que les conséquences de la guerre dépassaient désormais largement les frontières ukrainiennes. Parallèlement, un groupe de 50 pays et l’Union européenne ont publié une déclaration commune appelant la Russie à accepter un cessez-le-feu. La question de l’avenir du conflit et des mécanismes permettant de parvenir à une paix durable devrait continuer à occuper les discussions en marge de l’Assemblée.
Réformer l’ONU pour renforcer le multilatéralisme
La réforme de l’ONU apparaît également comme un thème transversal des interventions. Plusieurs dirigeants ont remis en question le fonctionnement actuel du Conseil de sécurité et le rôle du droit de veto des cinq membres permanents. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a notamment plaidé pour une réforme de cet organe, estimant que le système actuel ne reflète plus la réalité du monde contemporain. Les discussions portent plus largement sur la capacité de l’ONU à agir face aux conflits alors que les divisions entre grandes puissances compliquent l’adoption de réponses communes.
Haïti : la force internationale au centre des discussions
Pour Haïti, les discussions à New York prennent une importance particulière. Le président dominicain Luis Abinader a appelé jeudi à renforcer le soutien international à la force chargée de lutter contre les gangs en Haïti. Il a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer son déploiement, de renforcer l’application de l’embargo sur les armes et de cibler les acteurs qui financent ou soutiennent les groupes armés. Selon des informations rapportées jeudi, la force n’a pas encore atteint l’effectif prévu de 5 500 personnels en raison notamment de contraintes logistiques. De son côté, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé doit prononcer son discours à l’Assemblée générale vendredi 25 septembre.
Climat, santé et intelligence artificielle à l’agenda
Au-delà des conflits, l’Assemblée générale aborde également le climat, le développement, la santé mondiale et les nouvelles technologies. Une réunion de haut niveau sur le climat et la transition juste s’est tenue le 23 septembre, tandis que la journée du 24 septembre est consacrée notamment à la menace liée à l’élévation du niveau de la mer. Vendredi, les dirigeants doivent se pencher sur la prévention et la préparation aux futures pandémies. La gouvernance de l’intelligence artificielle figure également parmi les préoccupations croissantes de cette session.
À mesure que les discours se poursuivent jusqu’au 28 septembre, l’enjeu sera de voir si les prises de position des dirigeants peuvent déboucher sur des engagements concrets face aux crises qui mettent à l’épreuve le système multilatéral.
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